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06 mars 2019

Tribune du Président de la République pour une Renaisance européenne

Citoyens d’Europe,

Si je prends la liberté de m’adresser directement à vous, ce n’est pas seulement au nom de l’histoire et des valeurs qui nous rassemblent. C’est parce qu’il y a urgence. Dans quelques semaines, les élections européennes seront décisives pour l’avenir de notre continent.

Jamais depuis la Seconde Guerre mondiale, l’Europe n’a été aussi nécessaire. Et pourtant, jamais l’Europe n’a été autant en danger.

Le Brexit en est le symbole. Symbole de la crise de l’Europe, qui n’a pas su répondre aux besoins de protection des peuples face aux grands chocs du monde contemporain. Symbole, aussi, du piège européen. Le piège n’est pas l’appartenance à l’Union européenne ; ce sont le mensonge et l’irresponsabilité qui peuvent la détruire. Qui a dit aux Britanniques la vérité sur leur avenir après le Brexit ? Qui leur a parlé de perdre l’accès au marché européen ? Qui a évoqué les risques pour la paix en Irlande en revenant à la frontière du passé ? Le repli nationaliste ne propose rien ; c’est un rejet sans projet. Et ce piège menace toute l’Europe : les exploiteurs de colère, soutenus par les fausses informations, promettent tout et son contraire.

Face à ces manipulations, nous devons tenir debout. Fiers et lucides. Dire d’abord ce qu’est l’Europe. C’est un succès historique : la réconciliation d’un continent dévasté, dans un projet inédit de paix, de prospérité et de liberté. Ne l’oublions jamais. Et ce projet continue à nous protéger aujourd’hui : quel pays peut agir seul face aux stratégies agressives de grandes puissances ? Qui peut prétendre être souverain, seul, face aux géants du numérique ? Comment résisterions-nous aux crises du capitalisme financier sans l’euro, qui est une force pour toute l’Union ? L’Europe, ce sont aussi ces milliers de projets du quotidien qui ont changé le visage de nos territoires, ce lycée rénové, cette route construite, l’accès rapide à Internet qui arrive, enfin. Ce combat est un engagement de chaque jour, car l’Europe comme la paix ne sont jamais acquises. Au nom de la France, je le mène sans relâche pour faire progresser l’Europe et défendre son modèle. Nous avons montré que ce qu’on nous disait inaccessible, la création d’une défense européenne ou la protection des droits sociaux, était possible.

Mais il faut faire plus, plus vite. Car il y a l’autre piège, celui du statu quo et de la résignation. Face aux grands chocs du monde, les citoyens nous disent bien souvent : « Où est l’Europe ? Que fait l’Europe ? ». Elle est devenue à leurs yeux un marché sans âme. Or l’Europe n’est pas qu’un marché, elle est un projet. Un marché est utile, mais il ne doit pas faire oublier la nécessité de frontières qui protègent et de valeurs qui unissent. Les nationalistes se trompent quand ils prétendent défendre notre identité dans le retrait de l’Europe ; car c’est la civilisation européenne qui nous réunit, nous libère et nous protège. Mais ceux qui ne voudraient rien changer se trompent aussi, car ils nient les peurs qui traversent nos peuples, les doutes qui minent nos démocraties. Nous sommes à un moment décisif pour notre continent ; un moment où, collectivement, nous devons réinventer politiquement, culturellement, les formes de notre civilisation dans un monde qui se transforme. C’est le moment de la Renaissance européenne. Aussi, résistant aux tentations du repli et des divisions, je vous propose de bâtir ensemble cette Renaissance autour de trois ambitions : la liberté, la protection et le progrès.
 

Défendre notre liberté

Le modèle européen repose sur la liberté de l’homme, la diversité des opinions, de la création. Notre liberté première est la liberté démocratique, celle de choisir nos gouvernants là où, à chaque scrutin, des puissances étrangères cherchent à peser sur nos votes. Je propose que soit créée une Agence européenne de protection des démocraties qui fournira des experts européens à chaque Etat membre pour protéger son processus électoral contre les cyberattaques et les manipulations. Dans cet esprit d’indépendance, nous devons aussi interdire le financement des partis politiques européens par des puissances étrangères. Nous devrons bannir d’Internet, par des règles européennes, tous les discours de haine et de violence, car le respect de l’individu est le fondement de notre civilisation de dignité.
 

Protéger notre continent

Fondée sur la réconciliation interne, l’Union européenne a oublié de regarder les réalités du monde. Or aucune communauté ne crée de sentiment d’appartenance si elle n’a pas des limites qu’elle protège. La frontière, c’est la liberté en sécurité. Nous devons ainsi remettre à plat l’espace Schengen : tous ceux qui veulent y participer doivent remplir des obligations de responsabilité (contrôle rigoureux des frontières) et de solidarité (une même politique d’asile, avec les mêmes règles d’accueil et de refus). Une police des frontières commune et un office européen de l’asile, des obligations strictes de contrôle, une solidarité européenne à laquelle chaque pays contribue, sous l’autorité d’un Conseil européen de sécurité intérieure : je crois, face aux migrations, à une Europe qui protège à la fois ses valeurs et ses frontières.

Les mêmes exigences doivent s’appliquer à la défense. D’importants progrès ont été réalisés depuis deux ans, mais nous devons donner un cap clair : un traité de défense et de sécurité devra définir nos obligations indispensables, en lien avec l’OTAN et nos alliés européens : augmentation des dépenses militaires, clause de défense mutuelle rendue opérationnelle, Conseil de sécurité européen associant le Royaume‑Uni pour préparer nos décisions collectives.

Nos frontières doivent aussi assurer une juste concurrence. Quelle puissance au monde accepte de poursuivre ses échanges avec ceux qui ne respectent aucune de ses règles ? Nous ne pouvons pas subir sans rien dire. Nous devons réformer notre politique de concurrence, refonder notre politique commerciale : sanctionner ou interdire en Europe les entreprises qui portent atteinte à nos intérêts stratégiques et nos valeurs essentielles, comme les normes environnementales, la protection des données et le juste paiement de l’impôt ; et assumer, dans les industries stratégiques et nos marchés publics, une préférence européenne comme le font nos concurrents américains ou chinois.
 

Retrouver l’esprit de progrès

L’Europe n’est pas une puissance de second rang. L’Europe entière est une avant‑garde : elle a toujours su définir les normes du progrès. Pour cela, elle doit porter un projet de convergence plus que de concurrence : l’Europe, où a été créée la sécurité sociale, doit instaurer pour chaque travailleur, d’Est en Ouest et du Nord au Sud, un bouclier social lui garantissant la même rémunération sur le même lieu de travail, et un salaire minimum européen, adapté à chaque pays et discuté chaque année collectivement.

Renouer avec le fil du progrès, c’est aussi prendre la tête du combat écologique. Regarderons-nous nos enfants en face, si nous ne résorbons pas aussi notre dette climatique ? L’Union européenne doit fixer son ambition – 0 carbone en 2050, division par deux des pesticides en 2025 – et adapter ses politiques à cette exigence : Banque européenne du climat pour financer la transition écologique ; force sanitaire européenne pour renforcer les contrôles de nos aliments ; contre la menace des lobbies, évaluation scientifique indépendante des substances dangereuses pour l’environnement et la santé... Cet impératif doit guider toute notre action : de la Banque centrale à la Commission européenne, du budget européen au plan d’investissement pour l’Europe, toutes nos institutions doivent avoir le climat pour mandat.

Le progrès et la liberté, c’est pouvoir vivre de son travail : pour créer des emplois, l’Europe doit anticiper. C’est pour cela qu’elle doit non seulement réguler les géants du numérique, en créant une supervision européenne des grandes plateformes (sanction accélérée des atteintes à la concurrence, transparence de leurs algorithmes…), mais aussi financer l’innovation en dotant le nouveau Conseil européen de l’innovation d’un budget comparable à celui des Etats-Unis, pour prendre la tête des nouvelles ruptures technologiques, comme l’intelligence artificielle.

Une Europe qui se projette dans le monde doit être tournée vers l’Afrique, avec laquelle nous devons nouer un pacte d’avenir. En assumant un destin commun, en soutenant son développement de manière ambitieuse et non défensive : investissement, partenariats universitaires, éducation des jeunes filles…

 

Liberté, protection, progrès. Nous devons bâtir sur ces piliers une Renaissance européenne. Nous ne pouvons pas laisser les nationalistes sans solution exploiter la colère des peuples. Nous ne pouvons pas être les somnambules d’une Europe amollie. Nous ne pouvons pas rester dans la routine et l’incantation. L’humanisme européen est une exigence d’action. Et partout les citoyens demandent à participer au changement. Alors d’ici la fin de l’année, avec les représentants des institutions européennes et des Etats, mettons en place une Conférence pour l’Europe afin de proposer tous les changements nécessaires à notre projet politique, sans tabou, pas même la révision des traités. Cette conférence devra associer des panels de citoyens, auditionner des universitaires, les partenaires sociaux, des représentants religieux et spirituels. Elle définira une feuille de route pour l’Union européenne traduisant en actions concrètes ces grandes priorités. Nous aurons des désaccords, mais vaut-il mieux une Europe figée ou une Europe qui progresse parfois à différents rythmes, en restant ouverte à tous ?

Dans cette Europe, les peuples auront vraiment repris le contrôle de leur destin ; dans cette Europe, le Royaume-Uni, j’en suis sûr, trouvera toute sa place.

Citoyens d’Europe, l’impasse du Brexit est une leçon pour tous. Sortons de ce piège, donnons un sens aux élections à venir et à notre projet. A vous de décider si l’Europe, les valeurs de progrès qu’elle porte, doivent être davantage qu’une parenthèse dans l’histoire. C’est le choix que je vous propose, pour tracer ensemble le chemin d’une Renaissance européenne.

Emmanuel Macron

18 janvier 2019

Voeux 2019

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19 juin 2017

Communiqué du Mouvement Asie-Océanie de la FFE-Modem

Le Modem en Asie-Océanie salue la victoire d' Anne GENETET lors de cette élection législative remportant 71,72% des suffrages exprimés

Ce succès est le résultat d'une campagne courte et intense durant laquelle Anne GENETET a montré de grandes capacités d'écoute, d'adaptation et d'endurance.

À notre satisfaction, ces qualités sont aussi celles attendues de leur future représentante à l'Assemblée Nationale par nos compatriotes de la 11ème circonscription des Français de l'Étranger.

Conforté par cette élection, le Modem Asie-Océanie soutiendra activement les projets d'Anne GENETET et la promotion des valeurs qui fondent l'alliance Modem/ LREM : liberté, humanisme dans nos choix politiques et sociaux, confiance dans notre vie démocratique, renforcement des institutions européennes.

Cela au service de nos compatriotes Français à l'étranger, de la valorisation de leur contribution au redressement de la France, et de la défense des intérêts économiques français dans la 11ème circonscription.

 

27 mai 2017

Anne GENETET, candidate La République En Marche à Tokyo

Venez rencontrer notre candidate La République En Marche ! / Modem, dimanche 28 mai à Tokyo, dans le quartier de Omotesando à partir de 19 heures.

Pour vous inscrire, merci de contacter le comité de En Marche Japon ! à l'adresse suivante : enmarchejapon@gmail.com

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12 mai 2017

Communiqué du Mouvement Asie-Océanie de la FFE-Modem

Anne Genetet a été désignée candidate de La République en Marche pour la 11ème circonscription des Français de l'Étranger aux élections législatives des 4 et 18 juin.

Respectant l'accord d'alliance entre le Modem et En Marche !, le Mouvement de zone Asie – Océanie de la Fédération des Français de l'Étranger du Modem accepte donc naturellement ce choix.

Nous sommes satisfaits de voir que la commission d'investiture a opté pour une femme compétente, motivée et engagée. Elle incarne de plus parfaitement la promesse de renouveau de la classe politique à laquelle s'était engagée le président de la République, Emmanuel Macron.

Les adhérents du Modem en Asie-Océanie lui apporteront donc tout le soutien qu'elle estimera nécessaire durant la campagne afin de qu' Anne Genetet devienne notre prochaine députée de la 11ème circonscription des Français de l'Étranger.

 

02 août 2016

Jean-Pierre Ragaru, nouveau président de la section Modem-Japon

Chers amis Démocrates du Japon,

Conformément à ma promesse de campagne lors de nos dernières élections internes, succédant à Janick Magne au poste de Conseiller consulaire et voulant ainsi éviter tout cumul de fonction au Japon, respectant donc  aussi la promesse de la liste SAJ, je démissionne de mon poste de président de notre section du Modem-Japon.

Jean-Pierre RAGARU me succède à partir de ce lundi 1er août et Hervé TISSERAND devient notre nouveau vice-président.

Je tiens à vous remercier pour votre fidélité toutes ces années ainsi que pour votre ouverture d'esprit qui ont fait que, en dépit de divergences tant sur la stratégie de notre formation que sur certains sujets particuliers, nous avons su rester unis et soudés, quand d'autres sections, à travers le monde, se sont dissoutes.

Je reste naturellement membre de notre formation, mais en laisse à partir d'aujourd'hui la parole et la gestion à Jean-Pierre et Hervé, à qui je souhaite bonne chance.

Bien amicalement,
 
Alexandre Joly.

20 mars 2016

20 mars : Journée de la Francophonie

Dans le cadre de la semaine de la Francophonie qui se déroule du 12 au 20 mars 2016, le Ministère de la Culture et de la Communication organise l'opération « Dis-moi dix mots » pour rendre hommage à la diversité des termes et expressions qui enrichie la langue française selon les cultures, régions et pays.
La FFE-Modem souhaite accompagner cette initiative en proposant sa définition de 10 mots clés fréquemment utilisés en politique, trop souvent galvaudés, et qui comptent particulièrement pour nous. Si certains mots peuvent avoir plusieurs sens et varier selon les régions, d’autres ont besoin qu’on leur fasse justice en s’élevant contre les utilisations abusives ou connotées dans le contexte politique

Francophonie

La théorie :
Souvent associée à l'art ou aux échanges culturels, la Francophonie a cependant aussi, depuis le  sommet de Hanoï en 1997 une définition politique.
Ni simple opposition à la domination de l'anglais, ni relique pour nostalgiques d'un empire colonial, la Francophonie est un « club » de pays qui ont en commun une langue, élément facilitateur de communication.
La Francophonie, à travers notamment l'OIF, forme un réseau actif au sein duquel la diplomatie peut agir pleinement.
Forum international, elle favorise l'éclosion d'un monde multipolaire qui axe la résolution des crises  sur la communication et la diplomatie.

Notre avis :
La Francophonie doit aller au delà de l’image de la défense de langue française et la diversité de la culture francophone. Comme instrument de diplomatie, elle doit pouvoir servir les populations francophones en mettant les moyens de l’OIF au service des échanges académiques, commerciaux et politiques. La richesse des idées se partager comme la richesse de la langue. Les députés et sénateurs des Français qui résident hors de France doivent jouer un rôle majeur dans cette entreprise et être à la fois les entremetteurs politiques privilégiés mais aussi les initiateurs auprès des citoyens sur le terrain.

Laïcité

La théorie :
Séparation de l’Église et de l’État, du pouvoir religieux de celui civil, la laïcité garantit la possibilité de vivre ensemble sous la règle d’or du respect mutuel quelque soient nos croyances.
La laïcité « à la française » c'est l'ensemble des lois qui de 1880 à 1905 ont entériné la séparation de l’État et de l’Église.

Notre avis :
Peut-être le mot le plus galvaudé du moment : revendiqué de l'extrême-gauche à l'ultra-droite dans des visions souvent opposées, il est pourtant un des concepts politiques les mieux définis, car inscrit et décrit dans la loi.
Loi de compromis en 1905, elle est le pilier du « vivre ensemble » à la française. Respectueuse de toutes les croyances, garante de leur libre expression, elle n'en reconnaît aucune pour mieux les défendre toutes.
Libérale, la laïcité à la française n'est ni un athéisme d'état, ni une neutralité passive : elle est la garante des droits fondamentaux à la liberté de conscience et à la liberté d'expression, dans le respect des règles communes de la République.

Libéralisme

La théorie :
Idéologie matricielle de la République, elle n'est paradoxalement en 2015 appréciée que par moins de 2/3 des Français (sondage Génération Libre).
Complexe à définir, confondu depuis les années 80 avec l'ultra-libéralisme, un des avatars du libéralisme « négatif » (selon l'expression de Isaiah Berlin), et son cortège de dérégulation et d' abandon par les états de leurs prérogatives, rares sont les formations françaises à s'en revendiquer.
Surtout que la France a aussi eu à subir les affres des dérives « totalitaires » (toujours selon I.Berlin) du libéralisme « positif » à travers le jacobinisme.

Notre avis :
L’épanouissement de l’être humain et la quête personnelle du bonheur ne peuvent exister en l'absence de liberté. La République s'est fixée et doit conserver pour première mission de la garantir à chacun que ce soit au niveau des libertés fondamentales de croyance, d'expression et de circulation qu'économique d'entreprendre et de créer.

Humanisme

La théorie :
Mouvement culturel et philosophique né au tournant du XVI ème siècle, l'Humanisme est à l'origine de notre civilisation européenne moderne. Reprenant la pensée du philosophe antique Protagoras que “L'Homme est la mesure de toute chose”, l'Humanisme est le terreau sur lequel les grandes idées modernes ont germé : le libre arbitre, la tolérance, la laïcité jusqu'à la démocratie..

Notre avis :
Nous plaçons l’homme au centre de chaque question de société. L’émancipation de la personne humaine, femme et homme, le respect qui lui est dû, son épanouissement, constituent donc la fin principale des organisations sociales. Toute personne humaine, quels que soient sa situation, son âge, son état de santé, valide ou handicapée, porte en elle, identiquement, intégralement, sa part d’humanité et a droit à un égal respect. Nous avons confiance dans la capacité de progrès de l’humanité, en science et en conscience.

Identité(s)

La théorie :
Relancé en 2007 avec le débat sur “l'identité nationale”, la recherche d'une définition politique à un concept qui préoccupe plus la sociologie et la psychanalise est un exercice périlleux mais révélateur des valeurs d'une formation politique.

Notre avis :
L’aspiration à voir reconnaître son identité est un besoin fondamental de l’être humain. C’est vrai d’un peuple, d’une communauté, comme cela est vrai d’une personne. L’histoire, la langue, la culture, les idéaux philosophiques ou religieux servent de repères pour constituer cette identité. Lorsque l’identité est niée, c’est un malaise profond : souvent, elle revient en boomerang, y compris sous forme d’intolérance ou de revendications violentes. Au contraire une reconnaissance sereine permet l’acceptation et la reconnaissance de l’autre. À l’intérieur d’un peuple, comme le peuple français, nous ne déclinons pas le mot « identité » au singulier. Chacun d’entre nous est fait de plusieurs identités d’origine, de culture, parfois de langue. Et il a le droit d’assumer ces identités au pluriel, de se sentir à la fois Français, Européen, originaire d’une région ou d’une histoire différentes, juif, musulman, chrétien, agnostique ou athée, aimant avec passion sa langue nationale et en même temps la langue de sa région ou de son pays d’origine. Tout cela est une richesse, le rayer ou l’effacer, ce serait une amputation.

Europe

La théorie :
Europe c'est l'histoire d'un nom qui remonte aux sources de notre civilisation, celle de la Grèce antique et qui embrasse l’empire romain, la religion chrétienne dans toutes ses confessions, la tradition juive, les grands mouvements philosophiques, particulièrement les Lumières, mais aussi les contacts historiques, de guerre ou de paix, avec d’autres cultures, notamment l’Islam, pour créer une civilisation qui porte une vision de l’homme et rayonne dans le monde.

Notre avis :
Notre Europe porte aussi un modèle de société, où créativité, Europe économique, et solidarité, Europe sociale, sont intimement mêlés. L’Union européenne est une communauté d’intérêts fondamentaux et de valeurs politiques dont la première est la démocratie. Aucun des pays européens ne peut, s’il demeure seul, défendre sa vision du monde et ses priorités face aux puissances planétaires. L’Europe politique est donc un impératif. Elle se construira en une démarche coopérative, dans laquelle chacun conserve son identité et sa volonté, et s’engage à préserver les identités des autres.

Solidarité

La théorie :
La vertu principale de toute société, et même de toute communauté, c’est la solidarité. La solidarité est une garantie contre les difficultés de la vie. Elle est en même temps un principe dynamique qui permet d’avancer, qui soutient les plus audacieux, puisqu’on sait que le succès des uns servira aussi aux autres.

Notre avis :
La Solidarité de l'instantané, c'est celle des premiers secours aux plus démunis, à ceux qui ont tout perdu, aux réfugiés.
La Solidarité comme politique, c'est al lutte contre  les inégalités, sociales ou culturelles, qui doivent être contenues et constamment réduites au travers du temps, car cette réduction des inégalités est constitutive de tout projet humaniste.

Écologie et développement durable

La théorie :
Récemment apparue dans le débat politique, l'écologie n'est cependant souvent relayée qu'à la marge de l'action publique, quand il ne s'agit pas uniquement de faire du "Green washing".
Le développement ne doit cependant pas se juger seulement au présent. Il doit se juger au futur. Les générations à venir sont concernées par nos décisions autant que les générations actuelles. Le seul vrai développement est donc le développement durable qui préserve le patrimoine naturel, les ressources, la terre, l’eau, le climat, les conditions de la vie en commun pour nos enfants et les enfants de nos enfants.

Notre avis :
Une écologie politique c'est donc revoir notre consommation d’énergie, notre modèle économique qui donnerait la priorité au long terme sur le court terme, une croissance qualitative et pas seulement quantitative, une solidarité réelle entre les générations, une gestion responsable des finances publiques. Cela passe aussi par le refus du déséquilibre persistant, dramatique, entre le Nord et le Sud, dans lequel les pays développés portent une si lourde responsabilité. Cet engagement exige un changement du modèle économique dominant sur la planète.

Centre

La théorie :
Le Centre est l'affirmation d'une force politique distincte de la droite et de la gauche.
Il promeut le dépassement des contraires, la modération entre les antagonismes politiques : conservatisme et progressisme sur le plan des réformes et des idées, interventionnisme et laisser-faire sur le plan économique.
En France, le Centre est apparu après la Révolution française. Dans l'Assemblée de 1791, il est la force principale constituée par les députés qui sont attachés aux principes et aux conquêtes de 1789, mais qui craignent autant la surenchère des proches du roi que celle des révolutionnaires extrémistes. Ils sont alors représentés par la tendance girondine, et par deux orateurs Mirabeau et Barnave. Le courant a traversé l'Histoire.

Notre avis :
Parce qu’il dépasse les dogmatismes, le Centre représente l'équilibre et la vraie force, celle qui agit avec efficacité dans l'intérêt de tous.
Il ouvre un renouveau de la vie politique par une volonté d'ouverture, de dépassement des clivages stériles droite/gauche, clivages qui ont démontré depuis plus de trente ans leur incapacité à réformer en profondeur le pays pour retrouver le chemin de la croissance et du leadership.
Il est le fruit d'une conviction inébranlable que le seul projet politique qui pourra se traduire réellement en actions positives déterminantes se fera, au delà des postures et des intérêts partisans des partis, par l'union des individus modérés, déterminés, et de bonne volonté de droite et de gauche pour construire ensemble un pays plus juste, plus puissant, plus moderne.
De même qu'il faut deux jambes pour marcher, il faudra l'appui de toutes les forces républicaines modérées de gauche et de droite pour diriger le pays vers un futur plus prospère.

Éthique

La théorie :
Du grec « Ethikon » (« la science morale, qui concerne le lieu de vie, les habitudes, les mœurs »), l'éthique est la partie de la philosophie qui envisage le fondement de la morale (éthique selon Platon, Aristote, Descartes, Kant, Spinoza, Tocqueville, Heidegger, Deleuze, Ricoeur, Comte-Sponville,...).
Dans un sens ordinaire, le terme éthique est synonyme de morale, et désigne une pratique ayant pour objectif de déterminer une manière conforme de vivre en société, et correspondant aux fins ou aux rôles de la vie de l’Être humain (exemple : recherche du bonheur ou de la vertu).
L'éthique s'applique alors à tous les domaines de l'activité humaine, comme la santé, le monde du travail, l'économie, les sciences, la culture, et bien évidemment la politique.

Notre avis :
Pour le Modem, le respect de l’Éthique républicaine est un engagement majeur. La fin ne justifie pas les moyens. Toute action politique doit s'inscrire dans une démarche de respect des idéaux républicains. Elle doit  être menée pour la promotion de l'intérêt général, avec la prise en compte des opinions minoritaires. Aucune entorse aux valeurs humanistes ne peut être justifiée par un quelconque intérêt partisan.
Nous sommes respectueux des points de vues des autres sensibilités républicaines, et le cas échéant intégrons ces autres points de vues pour améliorer une prise de position.

18 janvier 2016

Déchéance de nationalité : la FFE-Modem s'oppose au projet de loi constitutionnelle

La Fédération des Français de l’Étranger du Modem (FFE-Modem) s'oppose au projet du gouvernement d'insérer dans la Constitution un article 3.1, libellé ainsi : « Un Français qui a également une autre nationalité peut, dans les conditions fixées par la loi, être déchu de la nationalité française lorsqu’il est définitivement condamné pour un acte qualifié de crime ou de délit constituant une atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ou pour un crime ou un délit constituant un acte de terrorisme. »

L'agitation provoquée par ce projet détourne l'attention des vraies faiblesses que sont la prévention, la surveillance et le renseignement mais aussi de l'administration judiciaire chargée d'exploiter les informations.

Juristes comme spécialistes de l'anti- terrorisme ont démontré l'inutilité d'une telle loi puisque ces dispositions existent déjà dans le code civil et insistent aussi sur la difficulté de sa mise en application.

Prise quelques jours après les terribles attaques contre nos concitoyens dans les rues de Paris, cette décision donne au monde une triple impression de renoncement, de perte de sang froid et d'impuissance des autorités.

Impuissance face à des terroristes potentiellement kamikazes que la perte de la nationalité française doit faire rire. Perte de sang-froid de dirigeants qui, il y a peu encore,
dénonçaient une telle idée au nom des valeurs de la République. Renoncement à nos valeurs face à l'acte de quelques barbares.

Cette mesure symbolique est enfin sur le plan intérieur, tout aussi négative.

Elle affaiblit la Constitution qu'elle expose aux humeurs politiques du moment alors que celle-ci est la pierre angulaire de notre République et de son organisation.

Elle est l'acceptation de l'idée que la double nationalité est suspecte et, en filigrane, que tout détenteur d'une autre nationalité est un traître en puissance : vieille rengaine de l'extrême droite française qui oppose « mondialistes » à « nationaux » dans la recherche maladive d'une illusoire pureté identitaire. Première étape du débat sur la légitimité pour un Français de détenir d'autres nationalités.

Elle instaure ainsi constitutionnellement l'idée qu'il existe deux catégories de Français qui ne seraient pas égaux en droit, en contradiction avec l'article premier de la Constitution.


Nous condamnons donc ce « coup » politicien et demandons au gouvernement de renoncer à insérer cet article dans la Constitution où il n'a nullement sa place. Constitution qui ne peut faire l'objet de modifications intempestives.

La priorité devrait être à la reconstruction des capacités opérationnelles des services de renseignements et de justice anti- terroriste pour les mettre au niveau des menaces actuelles. Il est également urgent de renforcer la coordination des services de renseignements au niveau européen et avec les voisins coopératifs, notamment la Turquie, le Liban, Israël et les pays d'Afrique du Nord.

Nous invitons aussi le gouvernement à mieux expliquer les lois existantes concernant les peines liées au terrorisme, la perpétuité, la déchéance de nationalité et l'expulsion.

Le Bureau FFE-MoDem