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13 mai 2019

Élections européennes : réunions à Tokyo le 18 mai et à Kyoto le 19 mai

La liste "Renaissance" vient de dévoiler son projet pour les élections européennes du 26 mai prochain. Avec l’écologie comme priorité numéro 1, mais aussi une meilleure justice sociale et fiscale, le respect de nos valeurs et de nos frontières et une attention particulière portée à l’égalité entre les femmes et les hommes…
 
Il s'agit de propositions ambitieuses et concrètes au sujet desquelles les équipes du Modem-Japon et de En Marche Japon vous proposent de discuter lors de deux réunions :
 
- samedi 18 mai, de 17 h à 19 h à Tokyo
- dimanche 19 mai, de 17 h à 19 à Kyoto
 
Les coordonnées précises des lieux de réunion seront communiquées aux personnes s'inscrivant à l'adresse suivante :
 
modemjapon@yahoo.fr
enmarchejapon@gmail.com

06 mars 2019

Tribune du Président de la République pour une Renaisance européenne

Citoyens d’Europe,

Si je prends la liberté de m’adresser directement à vous, ce n’est pas seulement au nom de l’histoire et des valeurs qui nous rassemblent. C’est parce qu’il y a urgence. Dans quelques semaines, les élections européennes seront décisives pour l’avenir de notre continent.

Jamais depuis la Seconde Guerre mondiale, l’Europe n’a été aussi nécessaire. Et pourtant, jamais l’Europe n’a été autant en danger.

Le Brexit en est le symbole. Symbole de la crise de l’Europe, qui n’a pas su répondre aux besoins de protection des peuples face aux grands chocs du monde contemporain. Symbole, aussi, du piège européen. Le piège n’est pas l’appartenance à l’Union européenne ; ce sont le mensonge et l’irresponsabilité qui peuvent la détruire. Qui a dit aux Britanniques la vérité sur leur avenir après le Brexit ? Qui leur a parlé de perdre l’accès au marché européen ? Qui a évoqué les risques pour la paix en Irlande en revenant à la frontière du passé ? Le repli nationaliste ne propose rien ; c’est un rejet sans projet. Et ce piège menace toute l’Europe : les exploiteurs de colère, soutenus par les fausses informations, promettent tout et son contraire.

Face à ces manipulations, nous devons tenir debout. Fiers et lucides. Dire d’abord ce qu’est l’Europe. C’est un succès historique : la réconciliation d’un continent dévasté, dans un projet inédit de paix, de prospérité et de liberté. Ne l’oublions jamais. Et ce projet continue à nous protéger aujourd’hui : quel pays peut agir seul face aux stratégies agressives de grandes puissances ? Qui peut prétendre être souverain, seul, face aux géants du numérique ? Comment résisterions-nous aux crises du capitalisme financier sans l’euro, qui est une force pour toute l’Union ? L’Europe, ce sont aussi ces milliers de projets du quotidien qui ont changé le visage de nos territoires, ce lycée rénové, cette route construite, l’accès rapide à Internet qui arrive, enfin. Ce combat est un engagement de chaque jour, car l’Europe comme la paix ne sont jamais acquises. Au nom de la France, je le mène sans relâche pour faire progresser l’Europe et défendre son modèle. Nous avons montré que ce qu’on nous disait inaccessible, la création d’une défense européenne ou la protection des droits sociaux, était possible.

Mais il faut faire plus, plus vite. Car il y a l’autre piège, celui du statu quo et de la résignation. Face aux grands chocs du monde, les citoyens nous disent bien souvent : « Où est l’Europe ? Que fait l’Europe ? ». Elle est devenue à leurs yeux un marché sans âme. Or l’Europe n’est pas qu’un marché, elle est un projet. Un marché est utile, mais il ne doit pas faire oublier la nécessité de frontières qui protègent et de valeurs qui unissent. Les nationalistes se trompent quand ils prétendent défendre notre identité dans le retrait de l’Europe ; car c’est la civilisation européenne qui nous réunit, nous libère et nous protège. Mais ceux qui ne voudraient rien changer se trompent aussi, car ils nient les peurs qui traversent nos peuples, les doutes qui minent nos démocraties. Nous sommes à un moment décisif pour notre continent ; un moment où, collectivement, nous devons réinventer politiquement, culturellement, les formes de notre civilisation dans un monde qui se transforme. C’est le moment de la Renaissance européenne. Aussi, résistant aux tentations du repli et des divisions, je vous propose de bâtir ensemble cette Renaissance autour de trois ambitions : la liberté, la protection et le progrès.
 

Défendre notre liberté

Le modèle européen repose sur la liberté de l’homme, la diversité des opinions, de la création. Notre liberté première est la liberté démocratique, celle de choisir nos gouvernants là où, à chaque scrutin, des puissances étrangères cherchent à peser sur nos votes. Je propose que soit créée une Agence européenne de protection des démocraties qui fournira des experts européens à chaque Etat membre pour protéger son processus électoral contre les cyberattaques et les manipulations. Dans cet esprit d’indépendance, nous devons aussi interdire le financement des partis politiques européens par des puissances étrangères. Nous devrons bannir d’Internet, par des règles européennes, tous les discours de haine et de violence, car le respect de l’individu est le fondement de notre civilisation de dignité.
 

Protéger notre continent

Fondée sur la réconciliation interne, l’Union européenne a oublié de regarder les réalités du monde. Or aucune communauté ne crée de sentiment d’appartenance si elle n’a pas des limites qu’elle protège. La frontière, c’est la liberté en sécurité. Nous devons ainsi remettre à plat l’espace Schengen : tous ceux qui veulent y participer doivent remplir des obligations de responsabilité (contrôle rigoureux des frontières) et de solidarité (une même politique d’asile, avec les mêmes règles d’accueil et de refus). Une police des frontières commune et un office européen de l’asile, des obligations strictes de contrôle, une solidarité européenne à laquelle chaque pays contribue, sous l’autorité d’un Conseil européen de sécurité intérieure : je crois, face aux migrations, à une Europe qui protège à la fois ses valeurs et ses frontières.

Les mêmes exigences doivent s’appliquer à la défense. D’importants progrès ont été réalisés depuis deux ans, mais nous devons donner un cap clair : un traité de défense et de sécurité devra définir nos obligations indispensables, en lien avec l’OTAN et nos alliés européens : augmentation des dépenses militaires, clause de défense mutuelle rendue opérationnelle, Conseil de sécurité européen associant le Royaume‑Uni pour préparer nos décisions collectives.

Nos frontières doivent aussi assurer une juste concurrence. Quelle puissance au monde accepte de poursuivre ses échanges avec ceux qui ne respectent aucune de ses règles ? Nous ne pouvons pas subir sans rien dire. Nous devons réformer notre politique de concurrence, refonder notre politique commerciale : sanctionner ou interdire en Europe les entreprises qui portent atteinte à nos intérêts stratégiques et nos valeurs essentielles, comme les normes environnementales, la protection des données et le juste paiement de l’impôt ; et assumer, dans les industries stratégiques et nos marchés publics, une préférence européenne comme le font nos concurrents américains ou chinois.
 

Retrouver l’esprit de progrès

L’Europe n’est pas une puissance de second rang. L’Europe entière est une avant‑garde : elle a toujours su définir les normes du progrès. Pour cela, elle doit porter un projet de convergence plus que de concurrence : l’Europe, où a été créée la sécurité sociale, doit instaurer pour chaque travailleur, d’Est en Ouest et du Nord au Sud, un bouclier social lui garantissant la même rémunération sur le même lieu de travail, et un salaire minimum européen, adapté à chaque pays et discuté chaque année collectivement.

Renouer avec le fil du progrès, c’est aussi prendre la tête du combat écologique. Regarderons-nous nos enfants en face, si nous ne résorbons pas aussi notre dette climatique ? L’Union européenne doit fixer son ambition – 0 carbone en 2050, division par deux des pesticides en 2025 – et adapter ses politiques à cette exigence : Banque européenne du climat pour financer la transition écologique ; force sanitaire européenne pour renforcer les contrôles de nos aliments ; contre la menace des lobbies, évaluation scientifique indépendante des substances dangereuses pour l’environnement et la santé... Cet impératif doit guider toute notre action : de la Banque centrale à la Commission européenne, du budget européen au plan d’investissement pour l’Europe, toutes nos institutions doivent avoir le climat pour mandat.

Le progrès et la liberté, c’est pouvoir vivre de son travail : pour créer des emplois, l’Europe doit anticiper. C’est pour cela qu’elle doit non seulement réguler les géants du numérique, en créant une supervision européenne des grandes plateformes (sanction accélérée des atteintes à la concurrence, transparence de leurs algorithmes…), mais aussi financer l’innovation en dotant le nouveau Conseil européen de l’innovation d’un budget comparable à celui des Etats-Unis, pour prendre la tête des nouvelles ruptures technologiques, comme l’intelligence artificielle.

Une Europe qui se projette dans le monde doit être tournée vers l’Afrique, avec laquelle nous devons nouer un pacte d’avenir. En assumant un destin commun, en soutenant son développement de manière ambitieuse et non défensive : investissement, partenariats universitaires, éducation des jeunes filles…

 

Liberté, protection, progrès. Nous devons bâtir sur ces piliers une Renaissance européenne. Nous ne pouvons pas laisser les nationalistes sans solution exploiter la colère des peuples. Nous ne pouvons pas être les somnambules d’une Europe amollie. Nous ne pouvons pas rester dans la routine et l’incantation. L’humanisme européen est une exigence d’action. Et partout les citoyens demandent à participer au changement. Alors d’ici la fin de l’année, avec les représentants des institutions européennes et des Etats, mettons en place une Conférence pour l’Europe afin de proposer tous les changements nécessaires à notre projet politique, sans tabou, pas même la révision des traités. Cette conférence devra associer des panels de citoyens, auditionner des universitaires, les partenaires sociaux, des représentants religieux et spirituels. Elle définira une feuille de route pour l’Union européenne traduisant en actions concrètes ces grandes priorités. Nous aurons des désaccords, mais vaut-il mieux une Europe figée ou une Europe qui progresse parfois à différents rythmes, en restant ouverte à tous ?

Dans cette Europe, les peuples auront vraiment repris le contrôle de leur destin ; dans cette Europe, le Royaume-Uni, j’en suis sûr, trouvera toute sa place.

Citoyens d’Europe, l’impasse du Brexit est une leçon pour tous. Sortons de ce piège, donnons un sens aux élections à venir et à notre projet. A vous de décider si l’Europe, les valeurs de progrès qu’elle porte, doivent être davantage qu’une parenthèse dans l’histoire. C’est le choix que je vous propose, pour tracer ensemble le chemin d’une Renaissance européenne.

Emmanuel Macron

14 octobre 2012

Propositions des conseillers indépendants à l'AFE

 UNION DES CONSEILLERS INDEPENDANTS

 

Propositions pour la refonte du système de l’aide à la scolarité

 

L’aide à la scolarité des enfants Français dans le réseau des écoles françaises de l’étranger est un élément essentiel du succès de notre réseau. Le réseau scolaire français à l’étranger a deux missions essentielles :

 

  • Assurer la mission de service public relative à l’éducation en faveur des enfants français résidant hors de France,

  • Contribuer au rayonnement de la langue, de la culture et de l’économie française par la formation d'enfants de la société du pays d’accueil.

 

La volonté d’étendre les principes de l’école de la République, d'égalité des chances sans barrière socio-éducative ou financière aux enfants français élevés à l’étranger est un projet inscrit dans tous les programmes présidentiels depuis 1981.

 

Or, aujourd’hui les aides à la scolarité viennent en aide aux familles françaises les plus modestes, mais excluent les familles de la classe moyenne qui sont les plus nombreuses et dont les budgets sont lourdement ponctionnés par les coûts de scolarisation. De ce fait, la mixité sociale de nos établissements est aujourd’hui menacée.

 

Une étude récente de l’AEFE sur la répartition des bourses entre les différentes catégories socio-professionnelles des familles françaises confirme cet état de fait : l’exclusion des classes moyennes du dispositif d’aide à la scolarité qui se concentre uniquement sur les familles à faibles revenus (>90% du budget), entraînant un déséquilibre et une inégalité dans l'accès à la scolarité.

 

En 2009, la mise en place de la prise en charge (PEC) était censée être une réponse à ce problème mais les défauts de la mesure et l’opposition politique qu’elle a générée ont finalement conduit à sa suppression. Il est donc essentiel que la réforme des aides à la scolarité prenne en compte cette donnée.

 

Une solution serait d’offrir à toutes les familles une aide « forfaitaire» représentant 30-50% des frais totaux de scolarité. Cette mesure permettrait l’accès aux écoles françaises pour toutes les familles, les familles à revenus faibles bénéficiant de bourses pour le reste des frais de scolarité.

 

 A - OBJECTIFS A ATTEINDRE

 

 Suite à la suppression de la prise en charge des frais de scolarité pour les élèves français de seconde, de 1ère et de Terminale, il est nécessaire de réformer le système de calcul de l’aide à la scolarité sur les bases suivantes :

 

1) Simplification à la fois du mode de calcul mais aussi de la composition des dossiers,

 

2) Permettre plus d’équité entre les familles de pays où les situations sont totalement différentes,

 

3) Favoriser l’accès aux bourses pour les familles dites de la classe moyenne.

 

Pour atteindre ces objectifs nous proposons une régionalisation d’une partie des paramètres utilisés comme définis ci-dessous.

 

B - PROPOSITIONS

 

Les principales critiques du système actuel des bourses sont :

 

  • le mode de calcul des points de charge, les seuils d’exclusion

  • le barème est identique que la famille ait 1 ou plusieurs enfants

  • les bourses périscolaires représentant près de 20% du budget total des bourses

  • la question toujours délicate des familles recomposées

 

Soyons clairs, il n’existe pas de solution parfaite pour calculer les bourses scolaires. En effet, les dossiers sont instruits sur la base de déclarations des familles et les différences entre certains pays sont impossibles à réconcilier.

 

L’agence doit donc faire un choix :

 

- soit renforcer le mode de contrôle des revenus et dépenses des familles qui sollicitent des bourses,

 

- soit éliminer un nombre important de paramètres pour les remplacer par des montants forfaitaires.

 

Voici quelques propositions pouvant être incorporées dans la réflexion de l’agence.

 

1- Régionaliser un certain nombre de critères.

 

Par exemple, il n’est pas logique de définir un seuil d’exclusion à 100 000 euros de biens mobiliers pour toutes les familles. C’est un seuil acceptable si les frais de scolarité sont de 2000 euros mais c’est absurde dans le cas où ils sont 10 fois plus élevés.

 

Donc :

 

- soit le seuil d’exclusion est calculé comme un facteur multiplicateur des frais de scolarité,

 

- soit il faut procéder à l’élimination de ce critère.

 

2- Standardiser les montants calculés pour les charges

 

Nous constatons tous que le contrôle dans les moindres détails des déclarations est impossible et que les moyens manquent pour pouvoir juger de manière juste les différentes charges des familles.

 

Une piste serait donc de définir un montant fixe d’aide à la scolarité en fonction de la situation familiale (1, 2, 3… enfants, couples mariés ou parent isolé …) et de la situation géographique.

 

Pour ceci, il revient à l’agence de réfléchir aux détails à utiliser (pays, région, ville etc…) mais la CLB peut proposer des ajustements dans les cas litigieux.

 

Une autre approche serait de ne pas avoir de montant déduit mais d’appliquer un coefficient K diffèrent en fonction de la situation familiale, voir du revenu.

 

3- Renforcer les contrôles sur le calcul des revenus

 

Avec les propositions ci-dessus, la prise en compte des revenus des familles devient l’élément le plus important pour le calcul de l’aide à la scolarité. C’est sur ce point qu’il faut que l’agence ait le plus de détails même s’il est vrai que cela est parfois difficile et que le problème se pose de manière différente à travers les nombreux pays.

 

 

C - BUDGET

 

Il est inquiétant que le gouvernement ait décidé de diminuer de manière très importante le budget global de l’aide à la scolarité.

 

L’AEFE souffre aujourd’hui d’une confusion inhérente à sa double mission. En effet, son objectif tel que défini par les textes est double : d’un côté s’assurer que les enfants français puissent avoir accès à un enseignement français de qualité à l’étranger, en clair la continuité du Service Public pour les enfants de nationalité française. De l’autre, l’utilisation des établissements scolaires comme un moyen de favoriser le rayonnement de la culture, de la langue française et de l’économie française par une offre pédagogique aux enfants de familles francophones du pays hôte ou de pays tiers.

 

Ainsi, la situation est telle que ces deux missions, toutes les deux importantes, sont en concurrence à la fois sur le plan juridique mais aussi sur le plan budgétaire. En effet, l’impact du budget des aides à la scolarité (qui par définition sont réservées aux enfants français) sur le budget global de l’AEFE – qui concerne tous les enfants – est de plus en plus important et menace aujourd’hui d’asphyxier financièrement l’agence.

 

Pourquoi ne pas dissocier au niveau budgétaire ces deux rôles ? Il apparaît naturel que le coût lié à la mission de service public d’éducation, et donc du soutien aux familles françaises pour la scolarisation de leurs enfants, soit à la charge du Ministère de l’Education Nationale.

 

Le soutien aux établissements de l’agence – projet immobilier, participation aux coûts des points de retraites des enseignants – resterait dans le budget du Ministère des Affaires Etrangères. Cette approche permettrait une plus juste redistribution des responsabilités budgétaires entre les deux ministères, basée sur leur zone de compétence.

23 juin 2010

Coopération franco-japonaise en Afghanistan

L'ambassade de France à Tokyo, par l'intermédiaire du Service d’Information et de Communication a publié mardi 22 juin le communiqué suivant :

« M. Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, et son homologue japonais, M. Katsuya Okada, se sont entretenus le jeudi 17 juin au téléphone. Ils sont convenus d’étudier les possibilités de mise en œuvre de nouveaux projets de coopération franco-japonaise en Afghanistan.

A ce jour, la coopération franco-japonaise en Afghanistan s’est développée autour de quatre projets menés par des organisations non gouvernementales :

- le projet de construction du collège Dasht -é -Barchi à Kaboul ;

- la réhabilitation de l’école primaire de Nawabado à Surobi ;

- la réhabilitation de la clinique de Pachagan à Nijrab dans la province de Kapisa ; 

- l’amélioration de l’hôpital régional de Hérat.

Cet engagement conjoint avec nos partenaires japonais fait suite à la visite de Bernard Kouchner à Tokyo le 18 mars dernier, au cours de laquelle le ministre avait évoqué avec son homologue une diversification des domaines de la coopération franco-japonaise en Afghanistan, notamment en matière culturelle et d’infrastructures. Les régions de concentration de l’aide japonaise en Afghanistan, en particulier Jalalabad et Kaboul, sont proches des zones sous responsabilité française (province de Kapisa et district de Surobi). Cette proximité ouvre des possibilités supplémentaires de coopération entre nos deux pays sur le terrain.

En résumé, nous avons toujours une perception très militaire de l’actualité afghane, mais cela ne doit pas occulter la coopération civile que nous menons sur le terrain en faveur de l’Afghanistan.

Les deux ministres se sont parlés au téléphone pour passer en revue cette coopération, pour identifier les projets autour desquels cette coopération pourrait se développer et pour réaffirmer une intention partagée de continuer à travailler dans cette direction. »

Si nous ne pouvons que saluer de telles initiatives humanitaires, ces dernières ne doivent pas cacher le manque de vision politique claire à moyen et long terme de la part de la coalition en Afghanistan. Après bientôt 10 ans de présence les troupes internationales n'ont su (pu ? voulu ?) ramener un semblant d'ordre indispensable au rétablissement d'un état structuré et viable.

Plus grave, l'accroissement récent des pertes notamment dans les rangs français doit amener la classe politique à s'interroger, lors du prochain examen de l'engagement français à l'Assemblée nationale, sur la stratégie militaire en place et la suffisance des moyens mis en oeuvre.

Alexandre Joly.

 

04 mars 2010

Non au projet de loi relatif à l'action extérieure de l'État

Mercredi 24 février le Sénat a adopté le projet de loi relatif à l'action extérieure de l'État  présenté par le gouvernement.

 

Si le Modem Japon soutient certaines réformes visant à la « concentration des moyens du réseau diplomatique » dans un souci évident de rationalisation budgétaire, nous critiquons vivement certaines dispositions ainsi que la méthode employée.

 

Tout d'abord, concernant la méthode, comme il en a pris l'habitude le gouvernement a décidé pour ce projet de loi d'engager une procédure accélérée visant à limiter le temps et le nombre de lecture du projet. Cette méthode qui vise à phagocyter le travail parlementaire est dangereux car il a pour conséquence d'accroître le risque, déjà démontré, que les lois élaborées soient mal ficelées ou en contradiction avec d'autres déjà existantes. Les problèmes rencontrés par nombre de nos concitoyens pour justifier de leur nationalité en étant un des exemples les plus récents.

 

Ensuite, sur le fond, nous nous inquiétons que, dans l'exposé des motifs présentés par Bernard Kouchner, l'article 3 relatif au financement de « la nouvelle catégorie d'établissements publics » laisse une « large place aux produits de leur activité». Si effectivement la recherche d'une plus grande autonomie financière est un objectif sain et louable, l'imposer dans le contexte de crise actuel nous semble périlleux. En effet, en cette période de récession, les principales sources de financement privées que sont les budgets des entreprises destinés au mécénat culturel et ceux des particuliers à leurs loisirs culturels sont évidemment réduits quand ils ne sont pas supprimés. Et cela partout dans le monde. Mettre ainsi l'accent sur un tel financement nous semble donc, dans l'état actuel de la conjoncture mondiale, une proposition qui risque plus d'affaiblir ces établissements et le réseau dans son ensemble que de les renforcer.

 

Enfin, et plus scandaleux, nous apparaît l'article 13 qui « offre la possibilité pour l'État d'exiger, dans des conditions déterminées par décret, le remboursement de tout ou partie des frais induits par des opérations de secours » destinées à sauver nos concitoyens à l'étranger.

 

Il nous semblait, peut être naïvement, que l'une des fonctions premières de l'État était justement d'assurer la sécurité de ses citoyens. Il nous semblait l'avoir encore entendu de la bouche même du Président de la République au Mali lors de la libération de Pierre Camatte fin février.

 

L'amalgame de cette proposition de loi qui consiste à mettre sur le même plan de responsabilité l'inconscience d'un skieur hors-piste dévalant les pentes alpines et l'engagement d’humanitaires, de reporters ou d'entrepreneurs dans des zones en crise nous semble moralement scandaleux. Or, l'ire supposé ou réel du Président relaté par de nombreux journaux et plus encore les propos récents du chef d'état-major des armées, Jean-Louis Georgelin, sur les 10 millions qu'auraient coûtées les opérations de recherches des 2 journalistes de France 3 enlevés en Afghanistan démontrent que cet amalgame est une politique volontaire et assumée.

 

Journalistes, humanitaires, professeurs contribuent au rayonnement culturel de la France et « dénoncer » leur démarche quand celle-ci s'effectue en terrain dangereux nous semble déplacer. Tout aussi déplacer et contreproductif que de laisser tomber les entrepreneurs ou les représentants français de PME qui cherchent de nouveaux débouchés aux productions nationales dans des pays où leur sécurité peut effectivement être menacée. Rappelons que l'une des raisons majeures du déficit de la balance commerciale française repose dans la faible part prise par nos PME dans les exportations : une telle loi ne va pas les encourager à parcourir le monde en quête de nouveaux marchés !

 

Nous pensons qu'au contraire l'État a pour mission de soutenir ceux de nos concitoyens qui, reporters, enseignants, bénévoles humanitaires, entrepreneurs, sont les acteurs principaux de l'action de la France à l'étranger et qui tous les jours, sous toutes les latitudes, contribuent à son enrichissement et à son rayonnement.

 

 

Alexandre Joly.

Président de la section MoDem Japon

03 juillet 2009

Contribution de la Section Japon aux discussions relatives au résultat des élections européennes du 07 Juin 2009

Préambule

Dans une interview vidéo diffusée sur le site du MoDem le 10 juin, François Bayrou indiquait que le Bureau Exécutif avait décidé d’organiser des consultations et débats au sein des sections et fédérations relatives au résultat du parti lors des élections européennes. C’est dans ce cadre que s’inscrit cette contribution.

 

Le présent document est une synthèse des discussions qui eurent lieu au sein de la section MoDem Japon lors de sa réunion mensuelle le 21 juin 2009 et sur le groupe de discussion Google MDFE Asie Océanie. Bien que certains membres du MoDem résidant en Asie, en dehors du Japon, aient pris part à la discussion via le forum, ce document ne prétend pas représenter la position des adhérents du MoDem en Asie, mais seulement celle de ceux résidant au Japon.

 

Attitudes face aux résultats de l’élection

Le résultat de l’élection a été ressenti de différentes manières par nos adhérents et sympathisants. Si l’ampleur de la déroute en a surpris beaucoup, certains ont avoué s’être attendus à ce mauvais score.

 

Cependant, aucun adhérent au Japon n’a manifesté de rejet ou de renoncement aux projets démocrates et humanistes du MoDem. Au contraire, prédomine la volonté de les mettre encore plus en avant sans opérer de transformation contre nature (devenir un parti Vert bis par exemple). Cela n’empêchant nullement une analyse lucide des erreurs et défaillances de la campagne dans l’optique de renforcer le parti et de le préparer aux prochaines échéances électorales.

 

De même, nul n’a manifesté le souhait de voir s’opérer une « révolution de palais » tant au niveau des dirigeants du parti (la section MoDem renouvelle sa confiance à François Bayrou et à la direction du parti) que de la gouvernance.

 

Sur ce dernier point, nombre d’entre nous ont lu les différentes lettres ouvertes, comme celle des Promoteurs. Si certaines idées nous semblent bonnes (voir très bonnes sur le choix des candidats, ou la création d’un « cabinet fantôme»), elles ne nous semblent pas répondre à la question de la raison de la défaite des élections. Si débat il doit y avoir sur la gouvernance et la modification des statuts du parti, il n’a pas à se tenir dans l’urgence d’un lendemain de défaite électorale : à moins de penser que cette dernière soit le fruit de l’absence de jeunes sur nos listes (argument qui fait sourire quand on voit l’âge des stars de la liste « Europe écologie ») ou d’un choix peu démocratique des têtes de liste car non directement effectué par les adhérents (ce qui n’a pas été plus le cas dans les autres partis).

 

Pour finir sur ces lettres ouvertes, le ton péremptoire qui frôle la mise en demeure de certaines d’entre elles nous semble inopportun et aller à l’encontre des valeurs qu’elles prétendent défendre. Il ne faudrait pas que les ambitions personnelles de certains l’emportent sur la nature du débat.

 

Pourquoi la défaite ?

Le résultat des élections est selon nous le fruit d’une campagne électorale mal menée dans ses 15 derniers jours et dont la présidence dans son ensemble est responsable.

 

À la décharge de nos responsables, cette élection est un véritable piège anti-démocratique dont le seul objectif est d’obtenir un fort taux d’abstention. 3 échelons de débat ce sont deux de trop : oui les Français ont eu du mal à comprendre une élection européenne pour laquelle se présentaient des partis nationaux dans des circonscriptions régionales.

 

Devant cet imbroglio, la volonté de François Bayrou de parler de la France et de l’Europe au plan national, pendant que les têtes de liste occupaient le terrain régional, nous semblait une bonne idée. De même, le lancement du livre Abus de pouvoir a clairement servi de locomotive pour lancer la campagne. L’erreur de la présidence a été de na pas être capable de s’adapter dans les deux dernières semaines à la contre-offensive de nos adversaires qui se sont focalisés sur la promotion du livre pour faire passer le projet du MoDem comme étant essentiellement anti-sarkozyste et sans idées pour l’Europe. 

 

Face aux attaques ad nominem contre François Bayrou et face à une propagande qui prétendait que nous n‘avions pas de projet, la présidence n‘a pas su trouver la parade adéquate. Et comme l’a reconnu François Bayrou, il n’est pas arrivé à faire passer son message et notre programme.

 

Un message toujours inaudible      

La difficulté du parti à avoir une communication rationnelle et claire est selon nous la clé du problème. Tant dans cette campagne que dans le traitement quotidien des points d’actualité, les adhérents, mais surtout les sympathisants nous disent ne pas savoir ce que pense le parti, où il va…

 

Tous les Français ont compris que nous ne voulions pas être assimilé au socialisme ou au sarkozysme, mais peu sont au courant de ce qui forge notre identité. Pire, au-delà des valeurs, ce sont des positions concrètes que nous  ne sommes pas capables de développer : ainsi, quelle est la position et quels sont les projets du MoDem sur les retraites, les mères porteuses, l’Iran… À la question : « Que feriez-vous si vous étiez au pouvoir ? », quel militant peut assurément offrir une réponse claire et précise à son interlocuteur ?

 

Il est indispensable que la présidence prenne conscience que aujourd’hui dans le pays, un seul parti a une communication et une organisation qui le rendent crédible ou « gouvernement - compatible » et ce n’est pas le MoDem.

 

Améliorer la communication

Afin de mieux se faire entendre, et mieux se faire comprendre, le parti devrait améliorer ses  capacités de communication tant vers l’extérieur :

-          En continuant à s’opposer à l’actuel gouvernement sans paraître faire de l’anti-sarkozysme primaire avec un véritable travail d’argumentation  (s’en prendre aux résultats de son action sur la délinquance, l’économie… plutôt qu’ à sa supposée vision de la France)

-          En émettant systématiquement des contre-propositions (« si nous étions au gouvernement, nous ferions ceci, cela… »)

-          En élaborant une ébauche de programme de gouvernement claire avec quelques propositions concrètes fortes et précises.

-          En faisant émerger à moyen terme une équipe soudée et homogène (création d’un « cabinet fantôme ») dont chaque membre sera porteur de la parole du MoDem dans un domaine particulier.

-          En s’ouvrant sur la société civile et notamment associative (soit en intégrant des membres d’associations, soit en demandant aux militants d’en intégrer et d’agir au niveau local…)

 

Qu’en interne :

-          En informant mieux les militants sur les positions du MoDem (ceux-ci se plaignent de la difficulté qu’ils ont pour connaître la position du parti)

-          En ayant une réelle gestion de l’adhérent (des membres, adhérents depuis deux ans n’ont toujours par leur carte, les demandes de renouvellement de cotisation interviennent quelques mois trop tard…)

-          En faisant confiance aux échelons intermédiaires (pourquoi est-il si difficile pour une section, un Mouvement Départemental d’obtenir le fichier des adhérents ? …)

-          En affichant clairement la hiérarchie et les compétences de chacun. En informant les adhérents de tout changement via le site Internet par exemple.

 

Plus que sur la réalité d’un programme, une campagne se joue sur la « crédibilité » des partis. Cette crédibilité est ressentie par l’opinion au travers de la communication et des contacts qu’elle entretient avec les dits partis.

 

Une communication brouillée, si elle est doublée d’une relation au citoyen faible et hasardeuse, ne peut entraîner une formation politique que vers la stagnation ou la disparition. Le Mouvement Démocrate ne pourra, selon nous, franchir un cap que s’il est capable d’améliorer son image dans l’opinion en se faisant plus concret et plus claire.

17 juin 2009

Elections européennes : point de vue

Je n'ai nullement été déçu par les résultats de dimanche, car j'avais bien senti depuis plusieurs semaines l'effet redoutablement tentateur et dévastateur de "la poudre jetée aux yeux" par Cohn-Bendit et son collage hétéroclite d'écolos clinquants, très tendance actuellement, et bien sure aussi l'effet Sarkozy qui dépasse par son intelligence politique remarquable le phénomène de "poudre", tout particulièrement avec sa politique d'ouverture à gauche et son "écolo" scout toujours prêt de Borloo, "poudre" et intelligence ayant si bien enlisé le parti socialiste dans un sable mouvant dont il ne sortira pas de sitôt, et a jeté à bas notre Francois Bayrou engagé dans un « jusqu’au-boutisme de la critique » peu opportun qui a été mal perçu par nos électeurs et très bien utilisé par nos détracteurs.

 

J'ai déploré le vide "idéel" total de la campagne. J'ai seulement remarqué que le Modem avait un projet humaniste et vraiment européen. Pour 2012, il faudrait tenir compte de ce qui s'est passé, cesser de critiquer les autres, surtout quand ils réussissent mieux que nous, et ne penser qu'à construire et à bien présenter Notre beau projet, seul vraiment humaniste, avec bien évidemment Francois Bayrou comme conducteur et animateur et quelques autres aussi s'ils sont capables de lui arriver à la cheville, l'assistent, et ne jouent pas les trouble-fête. Car la création et la réalité du Modem, c'est lui, Francois Bayrou, personne d'autre.

 

Olivier Jamet.

Vice-président du MoDem Japon

10 juin 2009

Avantages et inconvénients de la « Bayrou dépendance »

L’un des enseignements positifs que l’on peut tirer du revers, ou plutôt de la claque, que nous venons de prendre est que, pour ceux qui ne l’auraient pas encore remarqués, nous avons un chef. Un vrai. Un de ceux qui va au combat, donne de sa personne dans les corps à corps les plus violents, donne des coups, en prend encore plus et assume la victoire comme la défaite.

Ce genre d’individus est capable d’amener ses troupes à se dépasser, à susciter le respect, sinon la crainte dans les camps adverses. C’est une locomotive précieuse et indispensable. Avec François Bayrou, nous avons sans conteste un président de parti de cette trempe. Il a su se faire offensif en attaquant à juste titre le bilan du chef de l’état. Il a su faire le dos rond, puis affronter ses détracteurs les plus virulents comme Daniel Cohn-Bendit, relais le plus folklorique d’une campagne de calomnies odieuse dans laquelle il a été traité d’illuminé ayant « touché la Vierge », de « Le Pen light » et pour finir de « minable ».

Mais avoir un tel leader peut être, pour un parti naissant, une arme à double tranchant : en effet, quand le chef vient à être mis à terre, c’est tout le parti qui est déséquilibré, trébuche et chute. Parce que nos adversaires le savent, il devient la cible prioritaire de leurs charges, concentrant sur lui toutes les attaques, même, et surtout, les plus malhonnêtes afin de le pousser à la faute.

Le rôle d’un parti dans une campagne est donc de soutenir son leader en trouvant des hommes et femmes pour le protéger des attaques, et d’autres pour porter à sa place les contre-attaques les plus violentes. Qu’on se souvienne de la campagne de Sarkozy de 2007, les basses œuvres étaient signées de lieutenants qui remplissaient leur mission sans état d’âme, le chef pouvant ainsi continuer à se draper du voile de la vertu. Ce que le MoDem n’a su faire ici.

Il n’est clairement pas dans la culture de notre famille politique d’abaisser le niveau des débats à celui du caniveau. Mais nous ne pouvons occulter que la lutte se mène aussi dans ces sphères parce qu’on nous y entraîne. D’autant que nos adversaires savent que nous n’y sommes pas à l’aise. Refuser d’y aller combattre c’est prendre le double risque de laisser la propagande adverse faire son œuvre (« le MoDem vote avec les ultra-libéraux », « le MoDem et Bayrou ne s’intéressent plus à l’Europe », sans parler des insultes citées) et donc perdre des électeurs ; c’est aussi comme nous l’avons vu lors du débat de jeudi soir, voir François Bayou, poussé à bout, répondre, et faire passer sa seule réplique comme un acte déplacé, inversant les rôles agresseurs / agressés. Cela a perturbé nombre de nos sympathisants et parachevé l’entreprise de dénigrement de nos adversaires.

Dans cette campagne électorale, la première mi-temps fût bien menée. Un programme sérieux issu des travaux en commission permettait aux têtes de liste de faire une campagne de terrain en profondeur, afin d’expliquer et de tenter de convaincre les électeurs au plus près. Parallèlement, la sortie du livre de François Bayrou donnait un écho national à une campagne qui n’avait pas encore commencé dans les médias. Celle-ci s’annonçait prometteuse.

La deuxième mi-temps fût pourtant un désastre. Devant la « menace MoDem», nos adversaires ont contre-attaqué tous azimuts sur le programme (un peu) et le bilan (de façon mensongère) du MoDem au Parlement. Tout d’abord sporadiques les attaques se sont ensuite intensifiées sur la seule personne de François Bayrou qui incarne le parti aux yeux des Français. Ces attaques permettaient pour le PS et l’UMP de discréditer l’homme dans la perspective des Présidentielles 2012 en même temps qu’elles affaiblissaient l’image européenne de notre formation.

Devant de telles attaques, le parti n’a pas su réagir. Il aurait dû se protéger en mettant à « l’abri » François Bayrou, victime d’attaques ad nominem, en augmentant la présence médiatique des têtes de liste. Cela aurait rendu caduc la stratégie de nos opposants. Or plus les partis adverses dénonçaient l’omni-opposition de François Bayrou, plus il apparaissait dans les médias, et plus il se laissait entrainer dans des débats qui s’ éloignaient du sujet européen. Leur donnant raison et brouillant l’image pro-européenne du MoDem.

De même, le rappel de l’ouvrage de « Dany » était tout à fait justifié aux vues de ses propres attaques, mais il aurait dû être fait plusieurs jours avant, de façon répétée, et pas par François Bayrou en personne. Cette trop grande exposition de notre président lui a été préjudiciable, et a été fatale au parti sur cette élection.

Car si cette campagne nous a donc rappelé que nous avions un chef, elle a aussi démontré l’extrême dépendance du parti à son encontre. Nombres d’entre nous peuvent témoigner de la faible reconnaissance du parti sur la scène politique française. Quel adhérent n’a jamais eu cette échange :

- Je suis au MoDem.
- Pardon ?
- Le Mouvement Démocrate.
- Le quoi ?
- Le parti de Bayrou.
- Ah d’accord.

Certes, 18 mois sont un laps de temps très court pour imposer le nom d’un parti et pour qu’il affirme son identité dans l’inconscient politique de nos concitoyens. Mais il est impératif que le parti fasse émerger sur la scène médiatique un projet et des figures identifiables qui pourront relayer et défendre les thèses du parti, lui assurer une plus grande visibilité. Faire émerger de nouvelles figures sera aussi vital dans l’optique de 2012 afin de parer les questions insidieuses telles que « Mais avec qui allez-vous gouverner ? » ou « Avec qui allez-vous vous allier ? ». Questions récurrentes qui eurent un effet dévastateur en 2007.

Car sinon, c’est prendre le risque de s’entendre opposer les accusations de sectarisme, d’extrême personnalisation ou d’exercice solitaire du pouvoir.

Pour évoluer et espérer remporter des campagnes électorales futures, il faut que la « marque » MoDem vive par elle-même indépendamment de celui, ou celle qui la dirige. Le parti n’est ni un fan club ni une amicale de groupies : l’immense majorité des adhérents a accepté de se lancer dans l’aventure au nom de la croyance en certaines valeurs que nous pensons bafouer par le pouvoir actuel et auxquelles le PS ne propose aucune solution satisfaisante. Si François Bayrou demeure le président incontesté du parti, il va falloir trouver le juste dosage qui fera de sa présidence un vrai plus pour le parti et non un angle d’attaque pour nos adversaires.

Il faut donc que le MoDem fasse sa mue et passe du « Parti de Bayrou » au « Parti dont Bayrou est le président »…

Alexandre Joly.

Président du MoDem Japon