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03 juillet 2014

Lettre ouverte à Monsieur Thierry Consigny, Délégué UMP au Japon

 Lettre ouverte à Monsieur Thierry Consigny,

 Délégué UMP au Japon

 

Tokyo, le 26 juin 2014

 

Monsieur le Délégué,
Cher Thierry,  


Responsable de l'UMP Japon, vous vous présentez constamment et avec insistance comme "humaniste" et "libéral"  (notamment lors de la dernière campagne électorale pour l'élection consulaire), et vous ne manquez aucune occasion de condamner devant certains de nos concitoyens le Front National, parti d'extrême droite dont vous ne partageriez ni les idées ni les valeurs.

 

Notre étonnement fut donc grand d'apprendre que, le soir des élections européennes et consulaires du 25 mai, vous avez partagé - accompagné de plusieurs de vos colistiers aux élections consulaires - un repas visiblement programmé avec le délégué à Tokyo du Rassemblement Bleu Marine (R.B.M), de Mme Le Pen.

 

Nous aimerions donc vous poser une première question, Monsieur Consigny :

 

S'agissait-il pour vous de célébrer avec lui votre victoire aux élections consulaires en même temps que le résultat historique du FN au Japon (plus de 10% des voix) ?

 

Votre proximité, votre complicité affichée avec les représentants du R.B.M ce soir-là, si contraire à vos discours habituels, nous ont stupéfiés, et nous ont inspiré bien d'autres questions : de quand date votrerapprochement ? cela s’est-il fait avec l’aval de la direction de l’UMP ? et quid d’éventuelles contreparties ?

 
L'absence de liste FN ou R.B.M aux élections consulaires, dont vous vous êtes félicité publiquement et pour laquelle vous avez dit avoir œuvré, alors que ce parti avait localement les moyens humains  pour en créer une, serait-elle alors le résultat de négociations entre l'UMP Japon et le FN local pour ne pas vous retrouver avec une concurrence sur votre droite ?

 

Dans une vidéo publiée vendredi 6 juin, le président d'honneur du Front National Jean-Marie Le Pen suggère de faire "une fournée" d'artistes critiques du Front National, rappelant par cette "saillie" aux relents antisémites les heures parmi les plus sombres de l'histoire de l'humanité. La "condamnation" du bout des lèvres de ces propos par certains responsables actuels du Front National ne fait pas illusion et nous, responsables au Japon du MoDem, du Parti socialiste et d'EELV, affirmons avec force que ces propos de J-M Le Pen, loin ​de constituer un dérapage isolé, ne font que refléter la nature profonde du Front National, une vérité que les responsables actuels du parti tentent de masquer provisoirement sous une façade "présentable" dans le seul but d'accéder au pouvoir (symptomatiquement, ceux-ci ont d'ailleurs dénoncé non pas une assertion contraire aux valeurs les plus élémentaires de l'humanisme et de la République, mais une "faute politique",  c'est-à-dire une simple erreur tactique contraire aux intérêts de leur parti !...).

 
Nos doutes quant au rejet réel de votre parti des idées du FN ont malheureusement été encore renforcés à la lecture des noms de vos colistiers sur la liste à laquelle vous appartenez pour les élections AFE. S’y trouve en effet en 6ème place Mme Danièle KEMP, contributrice sur des blogs affiliés à l’extrême droite tel que “Riposte laïque” (le mal nommé).

Nous, responsables du PS, du MoDem et d'EELV au Japon, réaffirmons que le Front National n'est pas un parti politique comme les autres mais une formation qui s'inscrit dans la longue histoire de l'Ultra-Droite française, antirépublicaine, anti-laïque, antimoderniste, xénophobe et volontiers antisémite, et qu'il ne sera jamais "question d'alliance avec le FN, dont tout nous sépare", pour reprendre la formule d'Alain Juppé, fondateur et responsable de votre formation politique, en septembre 2013.  

 

Des explications semblent de ce fait s'imposer.

 

Nous aurions aimé vous saluer "très républicainement", terme que vous utilisez si souvent, mais un doute nous retient.

 

Doute que nous espérons voir disparaître rapidement avec, de la part de l’UMP Japon, une réponse claire à nos questions, une prise de position publique condamnant les idées du Front National, et des actes à l’avenir sans équivoque.

 

Sincèrement,

 

Alexandre Joly (Modem Japon)
Janick Magne (EELV)
Raphaël Mazoyer (Parti socialiste)

 

22 janvier 2013

Algérie : les Japonais victimes de leur doctrine militaire ?

Sur son très bon blog, L'Hérétique a publié une note concernant la prise d'otage en Algérie et, relevant le taux élevé de victimes nippones, l'a jugé à l'aune de la politique militaire du Japon.

Faisant référence à notre blog du Modem Japon et appelant à des commentaires, je me permets cette réponse.

Si sur le fond je suis d'accord avec l'analyse, je mettrai cependant un petit bémol à sa conclusion : pour l'instant rien ne démontre que les Japonais aient été visés spécifiquement. Je ne pense donc pas que la politique japonaise soit mortellement dangereuse pour ses ressortissants. Au contraire, l'attitude japonaise dans de tels cas est de négocier et payer, comme l'a trahie l'attitude de Shinzo Abe qui a condamné l'intervention algérienne avant de se rétracter.

Évidemment le revers de la médaille d'une telle politique est un véritable « appel» à enlever des ressortissants japonais.

Donc quand il est écrit « La peau d'un Japonais ne vaut rien ou presque pour un djihadiste », politiquement je suis d'accord, financièrement beaucoup moins : or on sait que le business du kidnapping est une des sources de financement de ces groupes.

J'ai aussi trouvé très juste le terme « d'émasculation ». Ceci dit je ne l'appliquerai pas spécifiquement à l'armée japonaise qui, contrairement à une idée reçue à laquelle il faut tordre le cou, est l'une des meilleures au monde.

Avec 1% de son PIB alloué aux forces d'autodéfense (Jieidai) le Japon a le 6ème budget militaire de la planète. Sans compter que ne sont pas compris dans ce chiffre l'une des composantes majeures de sa « force militaire », mais essentielle pour une île, à savoir les gardes côtes rattachés à la sécurité intérieur, et que ne sont pas non plus comptabilisées les pensions de retraite, ni le budget de prise en charge des « GI's » stationnés dans l'archipel... Bref, l''ensemble ferait porter l'effort militaire réel du Japon à 1,5% de son PIB, ce qui au regard de la puissance économique le place devant de nombreux pays européens.

Certes, dotée de matériels excessivement modernes l'armée japonaise a souffert jusqu'à présent d'un manque de moyens de projection ou offensifs pour des raisons constitutionnelles, et surtout souffre d'un manque cruel d'expérience du terrain. Ce qui est certes très important mais est tout de même le cas de l'immense majorité des armées sur la planète !

Il faudrait donc plutôt parler pour le Japon de « puissance émasculée » : puissance dans son acceptation globale.

A la fin des années 80, alors à son firmament économique, quand le Japon menaçait de s'offrir le monde, le pays montrait ainsi déjà ses limites : quels sont en effet ses éléments de puissance en dehors de l'économie ?

Militairement, sa puissance est, on l'a dit, limitée dans son déploiement par l'article 9 de sa constitution.

Mais plus important à mon sens, au niveau du soft power, le Japon n'a aucun atout : aucune doctrine, une population et une culture limitée à son territoire, une langue qui ne leur permet de parler avec personne d'autres dans le monde, bref rien qui tende à l'universalisme...

Donc diplomatiquement, si le Japon est le second contributeur des organismes internationaux et obtient toujours la direction d'une grande agence, il ne peut être perçu comme une puissance et sa voix compte pour « peanuts ».

Je vois aussi plusieurs autres explications à cela : à l'ONU, seuls les 5 du Conseil de Sécurité comptent réellement, mais surtout la diplomatie est un art qui demande moyens, compétences et expérience.

Or en la matière le Japon est un béotien : et cela pour des raisons autant géographiques qu' historiques.

Géographiques car, insulaire et excentré le Japon n'a jamais entretenu pendant plus de deux millénaires des relations qu'avec la péninsule coréenne et la façade orientale de la Chine, qui ont d'ailleurs souvent été fermées. « Fermeture » que, il ne faut pas l'oublier le Japon s'est appliqué à lui même pendant plus de 250 ans entre 1600 et 1850. Or, avant, le nombre d'opérations extérieures menées par le pays en 2500 ans ne dépassa pas 2. On est donc en face d'un pays qui a une histoire diplomatique et militaire extérieure très faible et nouvelle... ne lui laissant aucun héritage sur lequel capitalisé comme la France ou la Grande-Bretagne.

L'objectif de puissance, tel que le Japon l'a connu entre la fin du XIXème siècle et le milieu du XXème est une parenthèse, une exception dans l'histoire du pays. Que la société a payé d'un lourd tribut humain.

Et on en vient là au point peut-être le plus important : tous les peuples ne sont pas réceptifs à un discours de puissance. Si en France il y a une quasi unanimité derrière l'armée ou des discours sur la « grandeur de la France », il n'en est pas de même au Japon.

Or, la formule « Fukoku kyohei »  (Une économie prospère, une armée forte) a servi une fois et je ne crois pas que les Japonais veuillent retenter l'expérience de la puissance.

Et ce n'est peut-être pas plus mal vu que l'opposition à l'autorité n'est pas un trait culturel nippon marquant...

Mais la très bonne intégration du pays dans la mondialisation et ses résultats économiques obligent.

Obligent à défendre et renforcer le système en place.

Obligent à prendre ses responsabilités sans y avoir été forcément préparé.

Alors comme une autre puissance économique, l'Allemagne, le Japon est confronté à un dilemme qu'il leur faudra pourtant résoudre : comment continuer à bénéficier pleinement de la mondialisation et favoriser l'expansion d'un ordre mondial en espérant de façon illusoire ne pas participer directement à sa police ?

Alexandre Joly.

23 juin 2010

Coopération franco-japonaise en Afghanistan

L'ambassade de France à Tokyo, par l'intermédiaire du Service d’Information et de Communication a publié mardi 22 juin le communiqué suivant :

« M. Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, et son homologue japonais, M. Katsuya Okada, se sont entretenus le jeudi 17 juin au téléphone. Ils sont convenus d’étudier les possibilités de mise en œuvre de nouveaux projets de coopération franco-japonaise en Afghanistan.

A ce jour, la coopération franco-japonaise en Afghanistan s’est développée autour de quatre projets menés par des organisations non gouvernementales :

- le projet de construction du collège Dasht -é -Barchi à Kaboul ;

- la réhabilitation de l’école primaire de Nawabado à Surobi ;

- la réhabilitation de la clinique de Pachagan à Nijrab dans la province de Kapisa ; 

- l’amélioration de l’hôpital régional de Hérat.

Cet engagement conjoint avec nos partenaires japonais fait suite à la visite de Bernard Kouchner à Tokyo le 18 mars dernier, au cours de laquelle le ministre avait évoqué avec son homologue une diversification des domaines de la coopération franco-japonaise en Afghanistan, notamment en matière culturelle et d’infrastructures. Les régions de concentration de l’aide japonaise en Afghanistan, en particulier Jalalabad et Kaboul, sont proches des zones sous responsabilité française (province de Kapisa et district de Surobi). Cette proximité ouvre des possibilités supplémentaires de coopération entre nos deux pays sur le terrain.

En résumé, nous avons toujours une perception très militaire de l’actualité afghane, mais cela ne doit pas occulter la coopération civile que nous menons sur le terrain en faveur de l’Afghanistan.

Les deux ministres se sont parlés au téléphone pour passer en revue cette coopération, pour identifier les projets autour desquels cette coopération pourrait se développer et pour réaffirmer une intention partagée de continuer à travailler dans cette direction. »

Si nous ne pouvons que saluer de telles initiatives humanitaires, ces dernières ne doivent pas cacher le manque de vision politique claire à moyen et long terme de la part de la coalition en Afghanistan. Après bientôt 10 ans de présence les troupes internationales n'ont su (pu ? voulu ?) ramener un semblant d'ordre indispensable au rétablissement d'un état structuré et viable.

Plus grave, l'accroissement récent des pertes notamment dans les rangs français doit amener la classe politique à s'interroger, lors du prochain examen de l'engagement français à l'Assemblée nationale, sur la stratégie militaire en place et la suffisance des moyens mis en oeuvre.

Alexandre Joly.

 

02 juin 2010

Démission du Premier ministre Yukio Hatoyama

Ce mercredi matin, Yukio Hatoyama, Premier ministre du Japon, a annoncé qu'il renonçait à son poste devant des parlementaires de son parti, le Minshutō, le Parti Démocrate Japonais. Il a aussi officialisé le départ de Ichiro Ozawa de la tête du parti.

Cette annonce intervient au lendemain d'une réunion très médiatique entre le Premier ministre et le Secrétaire Général de son parti, le susnommé Ichiro Ozawa, à propos de la chute de popularité du chef de l'état. Ce dernier n'étant plus soutenu que par 17% de la population japonaise, selon le journal Yomiuri Shinbun.

Les critiques envers Hatoyama se sont accumulées depuis sa prise de fonction allant des plus folkloriques, sur son style et notamment ses chemises, aux plus politiques sur le financement de ses campagnes et surtout sur son échec à accomplir certaines promesses électorales.

Après être en effet revenu sur la gratuité des autoroutes, Yukio Hatoyama a surtout échoué dans son projet de voir être relocalisée l'une des principales bases américaines d'Okinawa, Futenma, qui est située en pleine ville. Dans son bras de fer avec l'administration Obama il n'a su faire infléchir la position américaine et n'a su trouver une solution acceptable par la population d'Okinawa dont des dizaines de milliers d'habitants ont manifesté à plusieurs reprises ses derniers mois. Tout aussi important que l'échec de cette relocalisation c'est l'image d'indécision qu'il a donné qui lui est fatal aujourd'hui.

Le sujet des bases américaines a été aussi au coeur de troubles récents au sein même de la coalition qu'il dirige puisque vendredi dernier il a dû exigé la démission de Mizuho Fukushima, membre de son gouvernement et chef du Parti Socialiste japonais. Celle-ci refusait en effet de ratifier le maintien des bases américaines à Futenma au nom de l'accord gouvernemental conclu entre les partis de la coalition. Dimanche, le Parti Socialiste quittait la coalition gouvernementale tripartite.

Mais plus que la pression de ses alliés minoritaires, le Minshutō ayant la majorité absolue à la Diète, c'est l'inquiétude d'une partie de ses sénateurs quant à une éventuelle défaite aux élections du 11 juillet qui aura le plus pesée. Majoritaire dans les deux chambres, le Parti Démocrate Japonais pouvait jusqu'à présent diriger le pays comme il lui semblait et espérait même, en cas de victoire, être en mesure de s'affranchir de ses alliés qui lui sont indispensables au Sénat pour obtenir la majorité. Une victoire de l'opposition au Sénat aurait pour effet contraire d'offrir à celle-ci un moyen de blocage de la politique de réforme gouvernementale.

La démission de Ichiro Ozawa est quant à elle essentiellement liée à ses problèmes judiciaires portant sur le financement de sa carrière politique. Dans le collimateur de la justice japonaise depuis de nombreuses années, le collet s'est resserré autour de son cou hier avec la confirmation en appel de la condamnation par la Haute Cour de Sapporo de l'un de ses adjoints, Hirokazu Yamamoto, suite au financement frauduleux de la campagne électoral de l'an dernier.

Si ces démissions rassureront les membres du Minshutō en lice pour les élections sénatoriales, l'opposition ne s'en contente pas puisqu'elle appelle à des élections générales.

Enfin, si Yukio Hatoyama n'a pas parlé de son successeur, tous les analystes penchent vers une nomination de Naoto Kan, ministre des Finances et Vice-Premier ministre.

Suite à la démission de Yukio Hatoyama, c'est un sixième chef de gouvernement en moins de 5 ans que va connaître le Japon. Si une telle valse peut faire jaser et inquiéter quant à la capacité d'un gouvernement de faire les réformes indispensables dont le pays a besoin (retraites, politique familiale, relance économique...) il est sain de voir que dans certaines démocraties un chef d'état qui ne respecte pas ses engagements est sanctionné.

Alexandre Joly.

11 avril 2010

Assemblée générale de la section

Chers amis Démocrates du Japon,

Conformément à l'article 3.1 du Règlement Intérieur de la section Modem Japon, j'ai le plaisir de vous convier à notre assemblée générale annuelle le dimanche 25 avril 2010.

Je présenterai à cette occasion un bilan de l'activité de la section durant l'année écoulée.

L'assemblée générale se tiendra autour d'un déjeuner convivial, ouvert non seulement aux adhérents mais aussi aux sympathisants non encartés, au restaurant Le Pré Verre à Tōkyō (sur Omotesandō) à partir de 12H30.

Le prix du repas est de 3,000 Yens.

Afin de réserver un nombre de place suffisant je vous serais reconnaissant de bien vouloir confirmer votre présence avant le 21 avril à l'adresse email de la section.

Espérant vous voir nombreux le 25 avril.

Bien amicalement.

Alexandre Joly.
Président de la section Modem Japon

23 janvier 2010

Contribution du MoDem Japon au « Débat sur l'identité nationale »

Le Modem a marqué, dès son annonce, son opposition  à la tenue du dit « Débat sur l'identité nationale » qu'organise le gouvernement depuis le mois de novembre.

 

La section Modem Japon soutient fermement cette opposition et en dénonce autant les objectifs avoués ou inavoués que son organisation ou sa formulation. C'est donc une opposition tant sur le fond que sur la forme que nous présentons.

 

Nous  ne reviendrons pas sur les risques évidents de dérapages verbaux qu'entraîne un tel débat. Certains élus UMP en ont fait les frais. Et nous sommes presque tentés de dire que c'est une des principales qualités du débat que de nous dévoiler les amalgames navrant que peuvent faire certains responsables comme Mme Morano ou Monsieur Gaudin ou plus étonnamment  les imprécisions de notre Premier Ministre sur le droit de vote des étrangers.

 

Sur la forme tout d'abord :

 

Si nous ne repoussons pas le principe de « consultations ouvertes », il nous apparaît très surprenant que dans une démocratie libérale l’Etat initie un débat sans en préciser les objectifs, sans proposer de texte législatif, sans même dire si l’objectif est de proposer un texte législatif !

 

Les forces vives de la Nation ne peuvent être consultées que sur un objectif précis, sur la base d’un texte. S’agit-il d’une Charte des Droits et Obligations comme l’a laissé entendre M. Besson ? S’agit-il d’une loi ? Sur quoi ? Les questions à débattre, les textes à débattre, doivent être connus si l’on veut éviter un débat qui part dans tous les sens, y compris au sein de la majorité gouvernementale comme l’illustrent les déclarations des Ministres ces dernières semaines.

 

Si l'UMP ou le gouvernement ont des théories ou propositions nouvelles en matière de nationalité que Messieurs Besson ou Bertrand les expriment ouvertement. Et les autres partis, les syndicats, les associations, tous ceux qui forment les forces vives de la Nation leur répondront et offriront critiques et contre-propositions.

 

Il y a en fait, dans la vacuité du sujet et dans ce désir de tout organiser, tout gérer, la démonstration d'une infantilisation et d'un mépris inouï de la société française.

 

Ce mépris des citoyens  se matérialise dans l'organisation même du dit « Débat » et de ses ramifications locales.

 

Premier exemple, Monsieur Besson prétend vouloir s'adresser et consulter tous les Français, notamment au travers de débats locaux organisés dans les préfectures et autres lieux de la République.

 

S'il n'y a rien à dire sur les lieux, il y a en revanche beaucoup à  redire sur les jours et horaires. Alors qu'on prétend s'adresser à tous les Français, on organise les débats en semaine et en journée... bref quand ceux-ci sont au travail et ne peuvent participer !

 

Selon le site du ministère dédié au débat, en décembre et en janvier, un seul débat a été organisé le week-end. Et en  janvier, un seul a débuté en soirée à 20 heures....

 

Tous les autres étaient donc inaccessibles aux Français qui travaillent. Nous ne croyons pas que cela soit un hasard lié à une mauvaise organisation. C'est juste la démonstration que cette opération est principalement destinée à faire plaisir à une catégorie de la population bien définie, et qui a cessé de travailler.

 

Deuxième exemple assez révélateur, l'animation des débats : anecdotique, et peut être n'est-ce que le fruit du hasard, mais il est assez surprenant que deux des trois animateurs du débat au Japon furent l'un, un sénateur UMP et l'autre un écrivain qui a revendiqué publiquement son soutien au président Sarkozy (le troisième étant l’ambassadeur). Cela a donné une coloration politique très nette à la table des animateurs. Et ne peut donc que renforcer l'idée que nous sommes dans une opération de communication politique et non dans un débat objectif.

 

Le dernier point, et peut être le plus important, concerne les objectifs de ce débat. Et notamment l'écho et l'utilisation des contributions.

 

L'objectif annoncé du débat national est de synthétiser l'ensemble de ces contributions et de faire des propositions.

 

D'un point de vue méthodologique, qui va vérifier la véracité de ces synthèses ? Les gens s'expriment, certes, mais qu'est-ce qui prouve que leurs  propos vont être retranscris, étudiés et analysés avec sérieux ? Absolument rien.

 

Lorsqu'on cherche à faire une synthèse d'un débat de façon objective,  l'organisateur demande aux participants de valider les dites synthèses. Va-t-on  demander aux Français de valider et de vérifier l'exactitude des propos qu'ils sont censés avoir tenu ? Bien sûr que non, c'est techniquement impossible et surtout... inutile.

 

En effet, à l'heure à laquelle nous publions cette contribution, 24 heures après le débat à Tokyo, et alors que d’autres sont en préparation, Monsieur Besson a déjà présenté des synthèses et propositions au Premier Ministre.

 

Or le problème c'est que Monsieur Besson, lorsqu'il annoncera de futures propositions de loi, se prévaudra d'une pseudo légitimité populaire  pour faire valoir ce qui ne sont en fait que ses idées. Or, comme vous le savez, prétendre ainsi abusivement parler au nom du peuple, ce n'est rien d'autre que la définition du populisme.

 

Car c'est ici qu'est le principal objectif de ce pseudo débat. On a beaucoup glosé sur la proximité des élections régionales et beaucoup n'y ont vu comme 63% des Français qu'une manœuvre politicienne. Mais l'objectif est à notre sens autre : il s'agit de donner une fausse légitimité populaire à de futures propositions de loi visant implicitement nos concitoyens musulmans, ceux d'origines étrangères, et les étrangers eux-mêmes.  Et lorsque les partis d'opposition dénonceront les futurs lois sur la burqa par exemple, l'argument du gouvernement est déjà connu : « Mais les Français le veulent, ils l'ont dit lors du Débat ! Irez-vous à l'encontre de la volonté du Peuple ? ». Populisme toujours.

 

L'autre objectif du pouvoir est clairement de détourner l'attention des Français des réalités de leur vie quotidienne et la gestion calamiteuse de la France par l'UMP (chômage, hausse des prélèvements, insécurité, désindustrialisation, fuite des cerveaux...) en se concentrant sur la valorisation du nationalisme. Le nationalisme est depuis 200 ans le chiffon rouge qui sert à détourner le mécontentement des citoyens de tous les régimes populistes du monde.  Il est malheureusement navrant de le voir être agité en France en 2010.

 

Nous conclurons, quant aux objectifs de l'utilisation du thème de l'identité, qu'il est aussi actuellement le fait d'un petit nombre d'individus au sein de l'UMP qui se livrent une guerre de « sous-chefs » dans une  optique personnelle et non dénuée d'intérêts. Or nous refusons au Modem que les Français soient pris dans cette spirale de surenchère nationaliste dans laquelle se sont lancés messieurs Bertrand, Copé, Besson et Lefebvre pour s'attirer les bonnes grâces présidentielles dans la perspective d'un remplacement de Monsieur Fillon au poste de Premier Ministre, quand ce n'est en caressant l'espoir de remplacer le Président lui-même.

 

Voilà pour la forme.

 

Pour ce qui est du fond enfin, à savoir la question en elle-même. Nous serons très court : « Qu'est-ce qu'être français ?».

 

C'est simple, c'est obtenir la nationalité française, en application des critères définis dans le code civil, du fait de sa naissance (droit du sang ou droit du sol) ou après une demande de naturalisation et donc de bénéficier des droits inhérents.

 

Voilà pour la vision juridique.

 

Pour ce qui est de l'approche symbolique de la nationalité, celle-ci doit être à notre sens laissée à l'appréciation de chacun, et en aucun cas une conception particulière ne doit primer sur une autre.

 

Nous récusons  le concept  d' « identité collective » qui est à la fois à l'origine du nationalisme  et du communautarisme, pour ne reconnaître  uniquement que des identités individuelles.

 

La République française  c'est le rassemblement de 65 millions d'individus d'origines, de croyances ou d'opinions  différentes. 65 millions d'identités individuelles qui vivent toutes différemment leur appartenance à la communauté nationale.

 

Nous rajoutons qu' :

 

En aucun cas, être français ne peut être une façon de se comporter.

En aucun cas, être français ne peut être une façon de parler ou de s'habiller

En aucun cas, être français ne peut être une façon d'aimer son pays ou d'en être fier.

 

En aucun cas enfin, être français ne peut se borner à correspondre à un nombre de valeurs ou de critères ethnosociologiques inscrits sur une liste aussi large soit-elle.

 

Car sinon, nous ne serions plus chacun, individuellement, UN ou UNE Française, mais une caricature de Français.

 

Le Bureau

23 septembre 2009

Japon : vers un droit de vote pour les étrangers ?

Véritable serpent de mer de la politique japonaise comme de la française, le droit de vote des étrangers pourrait bientôt devenir dans l’archipel une réalité suite à l’arrivée au pouvoir du Minshutō, le Parti Démocrate du Japon.

 

Après avoir présenté des candidats d’origines étrangères, coréenne bien sûr, mais aussi naturalisés comme le sénateur, né finlandais, Marutei Tsurunen, et après avoir engagé une importante réflexion interne, le PDJ se positionne comme le parti de gouvernement japonais le plus ouvert à l’idée d’accorder le droit de vote aux étrangers.

 

Ainsi, en août durant la campagne électorale, et donc avant d’être élu Premier ministre, le président du parti, Yukio Hatoyama, avait envisagé «de façon positive » la possibilité d’octroyer le droit de vote aux étrangers.

 

Cette volonté du gouvernement a été confirmée par le très puissant Secrétaire Général du Minshutō Ichiro Ozawa lors d’un entretien le 19 septembre avec Lee Sang Dunk. Auprès de ce député sud-coréen, frère du président Lee Myung Bak, et chef de l’association Corée - Japon des parlementaires, M. Ozawa s’est engagé à faire en sorte que le parlement japonais se saisisse du dossier lors de la prochaine session parlementaire de l’an prochain.

 

Le sénateur Yoshihiro Kawakami, présent lors de la rencontre, a confirmé selon l’agence de presse Kyodo les propos de M. Ozawa en soutenant qu’il pensait que « le DPJ soumettrait une résolution visant à accorder aux étrangers résident permanent le droit de vote aux élections locales lors de la session ordinaire du parlement ».

 

Certains analystes font néanmoins remarquer que ce projet pourrait rencontrer quelques difficultés car l’un des 3 partis de la coalition, le Kokumin Shintō, petit parti de droite, est opposé à ce projet. Il est vrai que le  Minshutō ne détient la majorité absolue que dans l’une des deux assemblées de la Diète et qu’il a besoin de l’appui de ses alliés au Sénat. Mais il est cependant peu probable que ceux-ci se montrent trop virulents s’ils souhaitent encore faire parti de la coalition (et du gouvernement pour leurs leaders !) après les élections sénatoriales partielles de l’an prochain. Elections pour lesquelles le PDJ part grandissime favori.

 

Il est donc fort probable que les Français qui possèdent des visas de résident permanent au Japon puissent bientôt voter pour élire les membres et chefs des assemblées locales des villes où ils demeurent.  

 

Avancée que nous ne pouvons que saluer.

 

Alexandre Joly.

29 juin 2009

Soutien aux associations Oyakonet et SOS Parents Japan

Monsieur Richard DELRIEU, président de l’association SOS PARENTS JAPAN nous a demandé d’informer nos militants et sympathisants que la date butoire pour la remise des pétitions de soutien  au réseau Oyakonet dont nous vous avions parlé dans la note du 22 juin était repoussée au 8 juillet.

 

Monsieur DELRIEU remercie tous les adhérents et sympathisants du MoDem qui ont signé la pétition et lui ont témoigné leur soutien.

 

Pour plus de renseignements, vous pourrez trouver les dernières informations concernant l’association, et notamment la réponse de Monsieur l’ambassadeur Philippe Faure à une lettre ouverte de l’association en cliquant sur le lien suivant.