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22 mai 2007

Démocratie, où es-tu ?

L'année 2007 sera sans nulle doute une année faste pour les comptes des agences de sondage. Après plusieurs mois passés à répondre aux demandes des partis et journaux pour façonner l'esprit des Français dans l'optique de la Présidentielle, ils se remettent en ordre de bataille pour les Législatives de juin. A nous donc de les commenter, les décripter.

Année rose pour les sondeurs, mais annèe noire pour notre démocratie. Car certains résultats de cette élection, connus par avance grâce au systême mis en place, sont une incroyable insulte à la démocratie. Je veux parler ici de la sous-représentation pour ne pas dire l'absence possible de députés du MoDem, du F.N ou de la L.C.R au Parlement bien que leurs leaders aient totalisé près d'un tiers des suffrages lors de l'élection présidentielle.

Le sondage BVA pour Orange et la presse régionale publié vendredi 18 mai montre que malgrè un score total de plus de 12 %, le Modem pourrait n'avoir aucun représentant à l'Assemblée Nationale, pour un maximum de 4 ! Le F.N qui reprèsente encore 10 % de l'électorat n'aurait quant à lui aucun député. Tout comme la L.C.R.

Ironie démocratique, des partis n'ayant aucune assise populaire seraient eux représentés au palais Bourbon : représentants du PRG, du MDC et surtout entre 18 et 21 communistes alors que ceux-ci ne représentent à peine que 4 % du corps électoral.

En cause, le système électoral dont le seul but est de créer un parlement bipolarisé, docile aux ordres de l'exécutif et de sa majorité parlementaire. C'est aussi la pluralité de la société française qu'on ne veut pas voir représentée. Car en limitant la représentation, on limite le débat et les demandes d'explication. Ainsi le pouvoir a moins besoin de justifier ses choix et c'est le principal contre-pouvoir qu'on baillonne.

Le système électoral actuel a été conçu pour offrir un maximum de liberté, non pas au peuple, mais aux gouvernants. Il est cependant terriblement problématique sur trois points :

Il favorise tout d'abord la création de fiefs et baronnies dont la principale conséquence est une approche clientéliste de la politique : un député pour se faire réélire devra aller dans le sens de ses administrés quitte à oublier l'intérêt général de la nation. Le député est un colosse aux pieds d'argile : fort car s'appuyant sur la légitimité procurée par son élection personnelle dans sa circonscription, mais faible car dépendant des forces qui agitent celle-ci et simple marionnette à leurs ordres dans l'hémicycle.

Pour que l'intérêt national l'emporte sur les intérêts personnels, il faut une liste unique par parti aux législatives.

Ensuite, il n'est pas ouvert à tous les Français. Dans le cadre actuel, seuls les Français résidant en France peuvent voter. Les 800 000 électeurs qui vivent hors de France sont déboutés de ce droit à la représentation. Soit 2% du corps électoral. C'est l'aboutissemnet d'un paradoxe : celui du rapport de la France et de l'Etranger. Aussi bien comme territoire que comme humain. Le Français de l'étranger n'est pas un Français comme les autres et n'a pas le droit d'êre représenté. Idée en soit défendable qui voudrait que seul celui qui vit dans la cité , paie des impôts se sente concerné par son destin. Ceux qui la quittent devraient alors abandonner leur droit à l'expression. Mais alors pourquoi dans le même temps un étranger qui vit en France, y paie des impôts n'a pas le droit de voter non plus ? C'est encore la pluralité qu'on veut étouffer.

Pour en finir avec cette injustice, il faut autoriser les Français de l'étranger à voter aux élections législatives.

Il favorise enfin la soumission des partis aux deux grands formations sous peine de ne pas exister. Pour que les partis puissent vivre il leur faut des élus, or dans des élections au scrutin majoritaire beaucoup savent n'avoir aucune chance car aucun impact médiatique. Pour exister ils leur faut être inféodé à une des deux grandes formations, quitte à se renier comme l'a montré le PRG peu avant la formation du nouveau gouvernement.
Le système actuel vise donc à tuer dans l'oeuf toute expression politique indépendante et libre. Quitte à complétement fausser la représentation de la Nation au Parlement.

Pour en sortir, il faut donc une assemblée élue au scrutin proportionnel.

Ces réformes ne sont pas des gadgets électoraux. Elles visent à assurer une meilleure représentation du peuple dans l'expression du pouvoir. Car c'est de la réalité et de l'exactitude de cette représentation que découle la légitimité de tout gouvernement. Et donc la survie de notre démocratie.

Alexandre Joly.

14 mai 2007

Gros mensonges entre amis

Mardi, alors qu'il venait de finir son jogging quotidien sur une île maltaise, N. Sarkozy a tenu à s'expliquer sur les réactions qu'a suscité son séjour sur un yacht de V. Bolloré. Affirmant qu'il « ne voyait pas de polémique », il a ajouté que l'entrepreneur français lui lançait des invitations depuis plus de 20 ans et qu'il les avait toujours repoussées.

Anticipant les questions sur la pertinence d'une relation si poussée entre le monde politique et le monde des affaires, il a affirmé que V. Bolloré n'avait « jamais travaillé avec l'Etat ». Le groupe Bolloré confirma ces dires dans un communiqué de presse le mercredi 09 mai indiquant qu'il n'avait « jamais eu aucune relation commerciale avec l'Etat français. »

Mensonges assez hallucinants pour qui se prend la peine de faire un tour sur le site du groupe  http://www.bollore.com

On peut ainsi y lire que le groupe se targue dans sa rubrique Activités-Terminaux et Systèmes spécialisés de fournir via son entreprise IER et sa filiale Automatic Systems « une gamme complète d'équipement d'accès sécurisé des piétons et des véhicules (contrôle d'immigration, contrôle d'embarquement...) et de protection des sites sensibles. ». De même le groupe Bolloré est fier d'annoncer que « IER développe des bornes pour les administrations, les collectivités locales... ». Donc contrairement à ce qu'affirment de concert N. Sarkozy et le groupe Bolloré, ce dernier a bien été et continue à être un client de l'Etat.

Que le groupe Bolloré émette des communiqués de presse mensonger, cela ne pose pas de problèmes démocratiques. Que le futur président le fasse, cela est plus problématique. Surtout qu'il ne peut plaider l'ignorance puisqu'à travers la sécurité c'est le ministère de l'Intérieur qu'il a dirigé qui a été client du groupe Bolloré.

Preuve en est facile à trouver dans le Journal Officiel. Ainsi l'annonce 357 du 15 janvier 2007 dans le BOAMP 003C nous apprend que le ministère de l'intérieur et de l'aménagement a passé une commande de 342 329,00 EUR (H.T) pour la «  mise en place de locaux de sûreté modulaires à l'hôtel de police de Grenoble (38). ». Appel d'offre ouvert le 22 février 2006 et attribué le 11 décembre 2006. Donc le ministère que N. Sarkozy a dirigé, a lui même était un client du groupe Bolloré mais celui-ci prétend le contraire. Voilà qui est plutôt déconcertant.

D'autres contrats ont été signés entre l'Etat et le groupe Bolloré. Un très bon article du monde les a recensé, et je le retranscris plus après.

N. Sarkozy affirmait durant sa campagne qu'il modifierait sa façon de faire la politique s'il était élu. Effectivement, les mensonges sont plus gros que jamais, la collusion entre le pouvoir politique et le monde de l'argent et des médias à son paroxysme (aucun JT n'a contredit N. Sarkozy et même cherché à savoir si ce qu'il disait était vrai !). Et aux yeux de tous.


Alexandre Joly.


* * *


Le groupe de Vincent Bolloré a bien obtenu des marchés publics

LEMONDE.FR | 10.05.07 | 20h52 


ontrairement à ce qu'avaient affirmé Vincent Bolloré et Nicolas Sarkozy, mercredi 9 mai, le groupe de l'homme d'affaires s'est bien vu attribuer ces dernières années des marchés publics. Sur le site Internet des Journaux officiels de la République française, on retrouve ainsi la trace de plusieurs attributions de marchés publics.

SDV
, la filiale logistique du groupe Bolloré, a obtenu le 10 août 2006 l'attribution du marché du "traitement de la valise diplomatique fret" par le ministère des affaires étrangères, selon l'annonce numéro 368 publiée le 6 novembre 2006 dans le Bulletin officiel des annonces de marchés publics (BOAMP). "Ce marché est un 'contrat sensible' au sens de l'arrêté du 18 avril 2005 (...) relatif aux conditions de protection du secret et des informations concernant la défense nationale et la sûreté de l'Etat dans les contrats", précise l'annonce. La valeur totale estimée de ce marché est comprise entre 1,4 million et 5,6 millions d'euros, hors taxes, pour "une durée de 48 mois à compter de la notification du marché".

SDV s'est également vu attribuer le 17 juin 2005 un marché de "transport de fret par voie aérienne commerciale à la demande et pour le compte du ministère de la défense", d'une valeur estimée à 36 millions d'euros, hors taxes, peut-on lire dans l'annonce numéro 907 publiée le 26 septembre 2005. Le contrat est lui aussi d'une durée de 48 mois. On retrouve également SDV logistique internationale dans l'annonce numéro 329 publiée le 13 mars 2006. Cette fois, l'attribution du marché, le 5 janvier 2006, concerne des "prestations de transport aérien et d'opérations ponctuelles de dédouanement de diverses marchandises pour la direction des monnaies et médailles". Le montant est "indéfini". L'annonce 839, publiée le 15 janvier 2007 dans le BOAMP 003 C, fait également mention de SDV TTA, parmi d'autres entreprises, dans l'attribution d'un marché, le 16 novembre 2006, concernant un "accord carde acheminements" par l'économat des armées.

"VINCENT BOLLORÉ N'A JAMAIS TRAVAILLÉ AVEC L'ÉTAT"

Par ailleurs, selon l'annonce numéro 474 publiée le 16 mars 2007 dans le BOAMP 017C, le groupe Bolloré Energie a obtenu l'attribution du marché, le 6 janvier 2007, "de fourniture de fioul domestique" par le centre hospitalier de Laval. Le montant du marché est de 130 152,36 euros, hors taxes. Bolloré Energie apparaît également dans l'attribution, le 21 décembre 2006, du marché de "fourniture de fioul domestique" par la ville de Colmar dans l'annonce 602 publiée le 23 mars 2007 dans le BOAMP 018C. Le montant du marché, qui est reconductible annuellement pour 2008, 2009 et 2010, est de 153 390 euros hors taxe.

Enfin, l'annonce numéro 357 publiée le 15 janvier 2007 dans le BOAMP 003C, le groupe Bolloré a obtenu le 11 décembre 2006 du ministère de l'intérieur un marché de "mise en place de locaux de sûreté modulaires à l'hôtel de police de Grenoble", d'un montant hors taxe de 342 329 euros.

Dans le cadre de la polémique suscitée par le séjour de Nicolas. Sarkozy sur le yacht de Vincent Bolloré au large de Malte, le groupe de l'homme d'affaires avait affirmé mercredi qu'il n'avait "jamais eu aucune relation commerciale avec l'Etat français". Nicolas Sarkozy avait indiqué de son côté que "Vincent Bolloré est un des grands industriels français. Il n'a jamais travaillé avec l'Etat. Il fait honneur à l'économie française".


Le Monde.fr

12 mai 2007

De la versatilité de certains élus UDF

Depuis l'entre deux tours de l'élection présidentielle, on a vu plusieurs députés UDF rejoindre ou soutenir Nicolas Sarkozy. Ceux qui ont choisi de le soutenir ponctuellement afin de faire campagne contre Ségolène Royal avaient sans doute des raisons compréhensibles dans le contexte électoral. Parmi ces élus UDF, certains avaient opté pour le candidat UMP dès avant le premier tour. Ce fut notamment le cas de Gille de Robien et d'André Santini. Ceux-la ont clairement trahi leur parti et feraient mieux d'adhérer à l'UMP afin que les choses soient plus claires et cela rendrait leur action cohérente jusqu'au bout ... Mais sont-ils capables d'être cohérents ?

Le plus choquant dans tout ça est l'attitude des élus qui ont choisi de voter Nicolas Sarkozy au second tour et qui persistent maintenant dans ce soutien qui n'a plus rien de ponctuel. Des gens comme Hervé Morin, Maurice Leroy ou encore Pierre Albertini qui étaient des proches de François Bayrou ont même signé un texte intitulé "Pour un centre libre dans la majorité présidentielle" dans le Figaro du 8 mai 2007. Dans ce texte, ils voudraient que la mouvance centriste s'intègre à la majorité présidentielle c'est-à-dire à l'UMP. Ils s'appuient pour sur 3 arguments pour justifier leur prise de position :

  • L'incompatibilité du programme économique de Ségolène Royal : "économie, retraites, 35 heures, interventionnisme public débridé."

  • l'accord de principe de Nicolas Sarkozy à une dose de proportionnelle et la ratification des nominations aux grands emplois par les commissions parlementaires compétentes décidant à la majorité qualifiée,

  • Les propositions institutionnelles de Nicolas Sarkozy concernant l'Europe et sa position concernant la Turquie.

Cette prise de position de divers élus UDF ou apparentés est une véritable injure à l'intelligence, à la morale et aux électeurs de François Bayrou. Sur le plan économique, les programme de S. Royal et de N. Sarkozy bien que relativement différents nécessitaient à peu près le même montant de dépenses publiques et allaient donc contre toute logique de réduction du déficit public. La dose de proportionnelle envisagée par N. Sarkozy ne sert qu'à fourvoyer et à manipuler les élus de "petits partis" afin qu'ils deviennent des valets de l'UMP. Cela n'a rien à voir avec la refonte du système électoral voulue par l'UDF et par François Bayrou. En outre, N. Sarkozy semble plutôt vouloir un peu de proportionnelle pour les élections sénatoriales et non législatives...

Ce qui est surtout dommageable, c'est que la majorité de ce groupe de parlementaires se ment à elle-même et donc aux électeurs. Maurice Leroy, député du Loir-Et-Cher, déclarait le mars 2007 (source: site de l'UDF) : "Si on était dans le schéma Ségolène Royal-Nicolas Sarkozy, c'est . C'est le choix du vieux système. Moi je n'appelle à voter ni pour l'un ni pour l'autre". Il ne lui aura fallu que quelques semaines pour retourner sa veste. Quant à Hervé Morin, il s'en était souvent pris à Nicolas Sarkozy et également à ceux qui l'avait rallié depuis longtemps comme Gilles de Robien. Lors d'une interview accordée au journal 20 Minutes en août 2006, on lui avait demandé : "le divorce avec Gilles de Robien est-il consommé ?"  et il avait répondu : "Je n'ai pas vocation à être un coupeur de têtes. Mais à un moment, il faudra qu'il nous indique s'il soutient François Bayrou ou s'il veut faire le jeu de l'UMP. On ne peut pas être constamment le cul entre deux chaises." (source : 20 Minutes, éditions du 08/06/2006). Cela vaut également pour lui.

Ce ne sont que quelques exemples de ce gigantesque retournement de veste effectué conjointement par ces "élus du peuple". Ils n'hésitent pas à se trahir et nous avec au nom de petites tractations politiques. J'espère que leurs électeurs sauront leur faire regretter ces trahisons lors des prochaines élections. Touts ça semble donner raison au vieil adage : "qui se ressemble s'assemble". Et en matière de trahison politique, Nicolas Sarkozy n'est pas le premier venu. Le Mouvement Démocrate peut donc se passer de ces personnes, d'autres sont prêtes à les remplacer et à oeuvrer à un vrai parti centriste indépendant et ouvert.

Hervé Tisserand 

10 mai 2007

Ploutocratie

 48 heures. Il n'aura fallu attendre que 48 heures pour que N. Sarkozy affiche la façon dont il va diriger le pays et le système de gouvernance qui sera le sien. Celui de l'alliance du pouvoir ( kratos en grec) et de l'argent (ploutos) : la ploutocratie ou le pouvoir fait par ceux qui ont de l'argent pour ceux qui ont de l'argent... Contredisant ouvertement sa promesse électorale de «changer la façon de faire de la politique».

L'escapade de notre nouveau président à Malte pour 2 jours n'a en soit rien de scandaleuse. Il a largement mérité ses vacances après une campagne rude durant laquelle il n'a pas ménagé ses efforts. De même il n'y a rien de scandaleux à quitter la France pour prendre le large en Europe et prendre ainsi un maximum de recul. Enfin, il n' y a rien de scandaleux à prendre des vacances de luxe quand on en a les moyens et qu'on se les paye.

Mais voilà...Qui a payé ?

N. Sarkozy n'est pas encore président de la République : il aurait donc dû payé son voyage en jet privé « Falcon » entre Paris et Malte. De même le yacht sur lequel il se repose ne lui appartenant pas, car étant propriété d'une société de location de navire, il aurait dû en payer la location : entre 160 000 et 190 000 euros la semaine.

Nul doute que N. Sarkozy a des revenus importants et donc les moyens de s'offrir de jolies vacances, mais il n'a jamais fait parti du club des milliardaires français. Or ces vacances en sont dignes. Et ses anciennes et nouvelles fonctions doivent l'obliger à dévoiler si c'est lui qui a financé son séjour ou quelqu'un d'autre. Et qui serait ce quelqu'un d'autre et pourquoi aurait-il fait cela ?

La société qui loue ces yachts appartiendrait au groupe Bolloré. Vincent Bolloré est une des plus grosses fortunes de France (la 13ème ) et est présenté comme un ami de N. Sarkozy. Ce dernier a reconnu que V. Bolloré l'avait invité à maintes reprises depuis 20 ans mais qu'il avait « toujours refusé ». Alors question, pourquoi accepter maintenant ?

Cette question n'est pas fortuite. Car s'il y a eu service, il est fort logique de penser qu'il y aura un jour compensation, engrenage logique de toute collusion néfaste. Et si le groupe Bolloré crie haut et fort n'avoir jamais eu aucun contrat avec l'Etat, il est comme toute société redevable devant cet Etat de la bonne gestion de ses finances, du paiement d'impôts et susceptible de contrôles de la part du Trésor Public.

Vouloir être « l'ami » bienveillant de celui qui peut inciter ou au contraire freiner ces contrôles n'est pas sans arrière pensée. C'est en tout cas une terrible claque pour tous ceux qui avaient voté pour un candidat qui voulait lutter « contre le copinage » pour aider ceux qui « n'ont pas de carnets d'adresse».

Dans une démocratie, les différents pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire) doivent être indépendants. Pour conserver cette indépendance il ne doit y avoir de collusion ni entre eux ni avec quel qu'autre forme de pouvoir que ce soit (financier, militaire, industriel, médiatique...). Au risque sinon de perdre leur partialité, leur crédibilité et leur légitimité.

Comme l'a montré la dernière législature avec l'affaire Clearstream entre autre, et la campagne électorale avec sa couverture médiatique très orientée, notre régime actuel est d'une très grande porosité quant à la séparation des pouvoirs et à la limitation de leur champ de compétence. Une transformation radicale est indispensable. C'est l'un des leitmotiv du Mouvement Démocrate. Car il en va de la crédibilité, de la légitimité et de la survie de notre démocratie toute entière.

Ce n'est malheureusement pas la priorité du nouveau président qui a marqué sa volonté de ne rien changer à l'actuelle constitution et donc de perpétuer les mêmes moeurs politiques.

A regarder le « Paloma » et les côtes maltaises, on comprend pourquoi.


Alexandre Joly.

09 mai 2007

UDF Japon devient MD Japon !

Suite à l'annonce de la création du mouvement démocrate (MD) par François Bayrou, nous avons décidé de renommer notre blog "MD Japon". Notre logo a également été modifié. L'aventure continue au-delà de l'élection présidentielle. D'importantes élections vont encore avoir lieu : législatives, municipales, etc. Il faut donc continuer le combat et la promotion de nos idées. Au contraire de plusieurs députés UDF qui ont choisi de rallier définitivement Nicolas Sarkozy, nous souhaitons continuer à oeuvrer pour un centre indépendant, fort, fier de ses projets et rassembleurs !
 

Hervé Tisserand et Alexandre Joly. 

08 mai 2007

François Bayrou : discours du 6 mai 2007

François Bayrou a félicité le vainqueur de l'élection présidentielle tout en lançant quelques mises en garde. Il a également annoncé la création d'un Mouvement Démocrate expliquant que "les démocrates seront des rénovateurs et des rassembleurs".

 

 Hervé Tisserand

05 mai 2007

L'heure du choix

Dans la note précédente, j'exprimais le peu de cas que je fais du vote nul, blanc ou de l'abstention dans le cadre d'un second tour électoral. Soulignant que la responsabilité de chacun était de s'engager, même à son corps défendant pour un projet de France ou un autre. Je n'avançais néanmoins aucune opinion quant à ce que serait mon choix.

Celui-ci je l'ai effectué sur la capacité de chacun des deux candidats à mettre en oeuvre une politique qui s'évertuera à résoudre les grands problèmes qu'affronte notre société, sinon à ne pas les aggraver. Pour cela je me suis appuyé tant sur les projets annoncés de chacun que sur leur passé et leur environnement politique.

Quels sont les problèmes de la France que François Bayrou avait si bien su mettre en évidence : principalement un déficit démocratique criant duquel découle une déligitimation du pouvoir, une méfiance à l'encontre de toute forme d'autorité et une crise sociétale sans précédent.

Les émeutes de l'automne 2005, comme les affrontements entre pompiers et policiers que j'ai déjà évoqué ou encore les échauffourées devant cette école de Paris ne sont que les faces cachées d'un iceberg qui menace la société française. Or l'histoire récente de la France montre la capacité de notre peuple à se révolter et faire couler son propre sang (1789, 1830, 1848, 1870 / 71 et plus récemment dans les annèes 1950 en Algérie) quand un pouvoir s'aveugle et se refuse à discuter.

Or pour éviter de tels engrenages, il est impératif de modifier la façon de gouverner, les outils de gouvernance et de choisir l'homme ou la femme en mesure de réaliser ses changements et de pacifier les tensions sociales . La crise ubuesque du CPE, durant laquelle le gouvernement a fait voté en force par le parlement à coup de 49-3 une loi avant de se rétracter en ne l'estimant plus si bonne, pour se finir par une intervention du président de la République, pourtant garant de la bonne application des lois, ordonnant de ne pas appliquer la dite loi est exemplaire de la crise constitutionnelle, politique et morale que nous vivons.

Des deux candidats, force est de contacter que l'un a été un acteur majeur de cette crise : N. Sarkozy.

La France a besoin pour réparer cette crise d'un parlement représentatif (donc en partie élu à la poportionnelle, comprenant une représentation des Français de l'étranger...) d'un Conseil constitutionnel qui puisse s'auto-saisir et refouler des lois anticonstitutionnelles, d'un président responsable de ses actes, d'une justice qui ne soit plus à la botte du politique.

Des deux candidats, l'un ne veut rien changer ou presque et l'a dit : N. Sarkozy a seulement envisagé comme réforme institutionnelle de limiter à 2 mandats le poste de Président promettant juste de diriger autrement.
L'autre, S. Royal, a inscrit dans son programme des réformes institutionnelles claires au travers d'une 6ème République annoncée (renforcement du pouvoir du parlement; abandon du 49-3; fin de la direction du Conseil Supérieur de la Magistrature par le Président de la République, utilisation de la proportionelle, représentation des Français de l'étranger...).

Ces projets de réforme font à mon sens la différence. Mais les promesses sont une chose, la crédibilité de l'un et de l'autre à les mettre en oeuvre en est une autre.

Quand N. Sarkozy promet dans sa profession de foi une « une démocratie irréprochable, au service de la France et des Français, transparente dans l'exercice du pouvoir, impartiale dans les nominations », des faits récents et des promesses faites le contredisent gravement.

L'impartialité est tout d'abord contradictoire avec toute forme de discrimination positive comme il l'a promis. Le communautarisme qu'il prône l'est aussi. Comment parler d'impartialité quand il promet aux descendants de Harkis qu'ils bénéficieront de la discrimination positive, sous-entendant même que l'un d'entre eux dirigerait un musée ?

Comment parler de nomination impartiale quand N. Sarkozy négocie avec J. Chirac la nomination du juge Courroye, un ami personnel, à la tête du tribunal de Nanterre en janvier 2007. Tribunal qui a en charge les affaires des Hauts-de-Seine, fief de N. Sarkozy et celles des emplois fictifs de la mairie de Paris et donc les enquêtes passées et actuelles sur J. Chirac ? Juge Courroye, pourtant jugé corriace, qui fit preuve d'une grande mansuétude envers le couple présidentiel dans l'affaire de leurs « frais de bouche » lors de leur passage à la mairie de Paris. Cette nomination suit celle de Laurent Le Mesle, ancien conseiller « justice » de J.Chirac, et directeur de cabinet de P. Clément (soutien de N. Sarkozy) à l'époque de sa nomination, comme Procureur Général à Paris.

A l'opposé, le Parti Socialiste avec ses primaires a démontré une réelle avancée démocratique , et S. Royal durant sa campagne avec sa proposition de jurys-citoyens a démontré son sens de l'écoute.
De même en annonçant la tenue d'un nouveau référendum sur l'Europe elle a démontré l'intérêt qu'elle porte aux choix des Français, contrairement à N, Sarkozy qui a annocé que tout nouveau traité serait ratifié par le parlement et non par un référendum. Faisant fis du premier choix des Français. Cela ne les réconciliera ni avec la politique ni avec l'Europe.

Je ne pense pas que la crise que vit la société française soit juste une crise économique, et le programme très mauvais en la matière de l'un et de l'autre n'aura aucune conséquence sur le rapport qu'ont les Français avec l'Etat et entre eux. Pas plus que la politique écologique. C'est pourquoi ils ne rentrent pas en ligne de compte dans mon choix final.

En revanche la tendance Atlantiste avouée de N. Sarkozy, son acceptation tacite d'un choc des civilisations par sa fixation infondée sur la Turquie et une conception communautariste de sa politique étrangère qui sert à renforcer son pouvoir intérieur, si elles sont là aussi sans grande conséquence sur la crise française, elles m'incitent à me rapprocher de S. Royal, plus gaulliste et respectuseuse de la tradition diplomatique française.

C'est donc au nom d'un certaine conception de la démocratie et de son exercice que je voterai pour Ségolène Royal.

Alexandre Joly.

04 mai 2007

Le bulletin final

Ce dimanche sera pour les militants démocrates que nous sommes un véritable créve-coeur. Nous allons devoir faire un choix entre deux propositions dont aucune ne nous satisfait et dont nous savons tous qu'il n'en sortira rien de fondamentalement changer pour la France.

La tentation première serait donc de ne pas se déplacer et de laisser les 57% de votants, qui ont portés leur voix sur S. Royal et N. Sarkozy, se départager entre eux, pendant que nous nous prélasserions aux rayons d'un soleil printanier, nous satisfaisant des 18 % de François Bayrou (28 % à Osaka !). Ou pour les plus courageux, irions voter nul ou blanc.

Ce n'est cependant pas le sens que je me fais de l'action politique.

S'engager, c'est être responsable. Et être responsable, c'est choisir. Et ce, même si les options à envisager ne sont pas celles que l'on aurait aimées avoir à prendre. Dans cette optique, puisque le vote blanc n'a aucune valeur dans des élections en France et qu'il ne peut pas être compris comme l'expression d'un troisième choix qui viserait à bloquer l'accession au pouvoir de l'un et l'autre, il n'est rien d'autre qu'un refus de prendre ses responsabilités. Car comme l'a justement écrit Reine Malouin dans Cet ailleurs qui respire : « L'abstention est un recul avant de devenir une lâcheté. »

Au soir du 6 mai, nous aurons quoiqu'il advienne (même 51 % d'abstention !) un nouveau président qui dirigera le pays pour les 5 prochaines annèes. Et il est de notre devoir de faire en sorte que celui ou celle que nous pensons être le meilleur, ou le moins pire soit élu. Car même si on ne les aime pas, S. Royal et N. Sarkozy sont bien différents.

Et c'est sur ces différences que nous devons définir notre vote futur.

Voter pour un candidat, ce n'est jamais adhérer à 100 % avec ses choix, ses idées. Même s'il existe bien des partis où le suivisme fanatique et aveugle fait recette, ce ne sont pas là des valeurs « démocrates ». Notre choix doit donc se porter vers celui ou celle avec qui on semble avoir le plus de convergences et le moins de divergences sur la vision de la nation, une gestion juste du pays, une utilisation judicieuse et respectueuse du pouvoir. Et ce dans le seul intérêt de la France.

Assumer un tel choix sans s'y dérober est un devoir citoyen.

Il ne doit pas être entravé par quelques considérations politico-tacticiennes sur une refonte du paysage politique français (éclatement du P.S ou de l'U.M.P...) comme on a pu le lire. Il ne peut non plus être camouflé sous un point de vue poujadiste qui vise à annihiler les différences dans une dialectique du : « Tous pareils, tous pourris ». Si U.M.P et P.S ont des intérêts communs, ils ont aussi de nombreuses divergences.
Le futur président appliquera une politique dont les conséquences toucheront directement la vie de 60 millions de Français. Il est donc du devoir de chacun d'entre nous d'opter pour la politique qui nous semble la meilleure ou ... la moins pire.

Alexandre Joly