25 mai 2008
Liban : leçon de diplomatie à Doha
Ce dimanche, le coeur de Beyrouth va retrouver son calme politique , sa ferveur commerciale et le Liban élire un nouveau président. Après plus de 18 mois d'un bras de fer politique dont les violences meurtrières de la semaine dernière furent l'aboutissement, l'opposition et la coalition au pouvoir, sous la houlette de parrains régionaux, sont parvenus à un accord qui permet de sortir le pays de l'impasse politique dans laquelle il était plongé.
Il n'est pas question ici de faire une analyse des conséquences libano-libanaises de cet heureux dénouement , mais de s'interroger quant au fond et la forme de l'engagement ainsi que sur les résultats obtenus par chacune des puissances agissant au pays du Cédre. Et tout particulièrement les Etats-Unis et la France.
Car si, à Paris, le Président Sarkozy s'est dit "particulièrement heureux de l'accord intervenu (...) à Doha entre les représentants des principales forces politiques libanaises, conclu sous l'égide du Qatar et de la ligue arabe" faisant écho aux propos de Condolezza Rice, le résultat est en fait un terrible échec de la politique américano-française et un désaveu criant de leur méthode.
Echec, voir défaite, car le grand vainqueur de la crise est incontestablement l'opposition et plus spécialement le Hezbollah. Non seulement le parti est parvenu à faire annuler les 2 dispositions du gouvernement qui sont à l'origine des violences (limogeage du chef de la Sécurité de l'aéroport de Beyrouth, gel du développement des réseaux de téléphonie interne au parti) mais il est aussi parvenu à imposer ses vues quand au règlement de la crise que vit le pays depuis Novembre 2006 : le cabinet Siniora va tomber, l'opposition va intégrer le nouveau gouvernement avec une minorité de blocage et un candidat de consensus va être élu président.
C'est donc un revers patent pour les Etats-Unis et la France qui n'ont eu de cesse de clamer leur soutien inconditionnel à la majorité au pouvoir et de dénoncer le Hezbollah et l'opposition comme forces anticonstitutionnelles et au service de puissances étrangères qu'il faudrait affaiblir et écarter de la vie politique libanaise.
Mais cet échec vient aussi sanctionner un réalité : l'affaiblissement de la France au Liban.
La France, qui a toujours eu un rôle majeur au Liban, ou tout au moins était un interlocuteur particulier pour les différentes parties, a perdu son statut depuis plus de deux ans quand elle a choisi de s'aligner sur les positions américaines et saoudiennes concernant le Proche-Orient. A l'initiative de Jacques Chirac, la France s'était débarrassée de ses habits de conciliateur et de modérateur pour celui de partie prenante et partiale. Suivant l'administration Bush, elle a soutenu vaille que vaille le cabinet Siniora et la majorité rassemblée autour du Courant du Futur de la famille Hariri. Nicolas Sarkozy, une fois parvenu au pouvoir a poursuivi cette politique qui avait l'avantage d'être en parfaite harmonie avec sa position atlantiste et sa volonté de se rapprocher encore un peu plus des Etats-Unis..
Cet alignement sur les vues américaines s'est aussi doublée de la mise en application des méthodes U.S, à savoir le refus de tout contact avec des membres de l'un des 2 camps. Contrairement à la diplomatie qatari qui a fait la navette entre toutes les parties. C'est par cette volonté d'ignorer ses « ennemis » qu'il faut expliquer l'échec des missions de Bernard Kouchner, qui pendant plus de 6 mois a tenté vainement de réconcilier les différentes factions libanaises et qui s'est vu, selon le journal libanais L'Orient-Le Jour du 24 mai, être pendant cette période « roulé dans la farine par les Libanais, ou du moins par une partie d'entre eux ».
Car l'exercice était bien évidemment voué à l'échec. En effet, comment prétendre vouloir trouver un accord juste et équitable, et comment passer pour un interlocuteur honnête quand on se range si clairement dans un camp ? Enfin, comment pouvait-on espérer parvenir à un accord en s'abstenant de rencontrer le Hezbollah, ou en ignorant la Syrie et l'Iran ?
Les relations avec ces deux pays, et notamment la Syrie, parlons-en justement. Grand écart, pour ne pas dire incapacité à choisir une ligne claire entre l'alignement sur la position frontale américaine et la nécessaire prise en compte de la réalité du terrain, plus conforme à la tradition diplomatique française, les décisions du «président Nicolas Sarkozy de renouer les contacts « de haut niveau » avec la Syrie, avant de les suspendre de nouveau à la fin de l’année, prise sans coordination avec le ministre des Affaires étrangères, a provoqué « un dysfonctionnement de la diplomatie française », selon Antoine Basbous que cite le journal libanais.
Dysfonctionnement basé sur une ineptie, pour ne pas dire une « abracadabrantesque » conception de la diplomatie : le refus d'avoir des contacts avec ses « ennemis ». Suivant ainsi l'idée répendue chez les conservateurs (plus ou moins « néo ») ou les « faucons » des pays occidentaux, selon laquelle une démocratie doit choisir ses interlocuteurs, Jacques Chirac, puis Nicolas Sarkozy ont refusé d'avoir des contacts directs avec des partis politiques tel que le Hamas ou le Hezbollah, quand ce ne sont pas avec des pays, comme la Syrie.
Cette conception moralisatrice est soit le fruit d'une hypocrite et criminelle conception des relations internationales, pour laquelle les conflits ne peuvent se régler que sur le champ de bataille, avec anéantissement de l'un des protagonistes, soit le fruit d'une irresponsable naïveté et d'une grande méconnaissance de la chose diplomatique. Car qu'est-ce que la diplomatie, sinon la rencontre de puissances différentes, opposées et parfois ennemies qui cherchent à régler un conflit autrement que par la destruction de l'une des parties ?
Hubert Védrine a parfaitement résumé cela lors d'un « chat » avec des lecteurs du journal Le Monde le 20 mai en rappelant « que la diplomatie a été inventée à l'aube de l'histoire pour traiter les problèmes autrement que par la guerre. La diplomatie ne consiste pas à se réunir avec des amis dont on partage les valeurs et à se congratuler, la diplomatie peut consister à parler avec des dirigeants ou des régimes qu'on estime horribles et dont on rejette catégoriquement toutes les valeurs, et il en a toujours été ainsi. »
Avec la fumeuse « guerre au terrorisme », la diabolisation de ses adversaires/opposants a pour objectif de réduire au maximum la grille de lecture des problèmes internationaux, pour la résumer à un affrontement binaire du bien contre le mal, notre camp contre le leur, et dans lequel seule la mise à mort de son adversaire peut résoudre le problème. Ce paradigme n'a malheureusement pour conséquence que la perpétuation des conflits et le développement d'états de guerre plus ou moins chaud.
Aux Etats-Unis, le sénateur et candidat Barrack Obama a clairement opté pour l'abandon de cette ligne et pour l'adoption d'une politique réaliste. Espérons que s'il est élu, par suivisme, la politique extérieure de Nicolas Sarkozy s'en verra elle même changée. Et l'image de la France de redorer dans un Liban en paix.
Alexandre Joly
12:01 Publié dans Actu internationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, politique etrangere, liban
07 mai 2008
Nous et la Chine
La question tibétaine est revenue sur le devant de l'actualité, les jeux olympiques de Pékin auront lieu dans moins de cent jours, la politique étrangère de la Chine que ce soit en Afrique (Soudan, Zimbabwee, etc) ou en Asie (Birmanie, Iran, Corée du Nord, etc) pose question. A cela s'ajoute le poids économique toujours plus grand de ce pays et le fait que la Chine a été et est toujours un centre culturel et historique d'importance. Ce pays a beaucoup influencé l'histoire de l'humanité ce qu'il va sans doute continuer à faire.
Beaucoup de gens ne souhaitent pas un véritable boycott des jeux olympiques en arguant d'une invraisemblable séparation entre sport et politique. Plusieurs points s'opposent à une telle attitude.
Tout d'abord, le Comité International Olympique s'enorgueillit de promouvoir les valeurs de l'olympisme moderne (fraternité des hommes quelque soit leur origine, respect de la condition humaine, etc) et mit même clairement en avant de la défense des droits de l'homme lors du choix de Pékin en 2002. Ce sont des valeurs politiques et non des valeurs propres au sport. De plus, et paradoxalement, le comité olympique arrive trop souvent et trop facilement à faire abstraction de la situation politique de certains pays choisis pour organiser les jeux. Les exemples sont nombreux et les plus marquants sont Berlin en 1936, Mexico en 1968, Moscou en 1980 et maintenant Pékin. Tout le monde sait bien que les pays organisateurs essaient toujours d'utiliser l'organisation des jeux comme une vitrine de leur modèle social et économique. C'est d'autant plus vrai et important pour les pays peu ou pas du tout démocratiques. Les enjeux financiers sont énormes et les multinationales qui sponsorisent les jeux olympiques feront tout ce qu'elles peuvent pour éviter un boycott des jeux par les nations mais aussi par les sportifs sur lesquels elles ont une grande emprise. Il y a donc une alliance objective entre les pays organisateurs et les sponsors.
Reste que le problème de l'organisation de cet évènement en Chine n'est qu'un problème ponctuel alors que d'autres questions ayant des répercussions plus profondes se posent à nous.
La Chine comme partenaire économique
Beaucoup d'entreprises européennes, américaines, japonaises, etc ont choisi de délocaliser une partie de leurs chaînes de montage et d'assemblage en Chine. Les raisons sont connues : faiblesse des coûts de production (bas salaires, loyers peu chers, etc) et présence sur un marché à fort potentiel. Tout cela a été encouragé par la politique économique du gouvernement chinois qui a tout fait pour attirer les investisseurs étrangers. Dans un contexte de libre-échange, il est normal que les entreprises cherchent à être présente partout tout en cherchant à rentabiliser au maximum leurs investissements. Cela a bien évidemment profité à d'autres pays que la Chine. Mais ce qui est frappant dans le cas chinois est la frénésie de ces investissements et le manque de vision à moyen et long terme de ces entreprises. Certes, ces dernières en profitent beaucoup maintenant mais ne se sont-elles pas tirées une balle dans le pied ? Le système économique fait que la Chine a acquis d'énormes capacités financières qui nous rendent de plus en plus dépendant d'elle. Les Chinois sont également en train de rattraper leur retard technologique à grands pas grâce aux transferts volontaires et involontaires de technologies. De plus, la concentration sans précédent de certaines productions dans ce pays est anormale et économiquement dangereuse ; c'est par exemple le cas des jouets. A cela s'ajoute que le niveau de qualité des composants et de la fabrication est souvent moyen voire médiocre. Certains experts et certains responsables politiques et économiques affirment que les pays économiquement développés conserveront une bonne avance technologique et une capacité d'innovation supérieure à des pays tels que la Chine ou l'inde. Ce raisonnement ne tient pas. Un pays peut rattraper son retard beaucoup plus rapidement que dans le passé. La Corée du sud et Taïwan commencent déjà à égaler les capacités d'innovations technologiques du Japon dans certains secteurs électroniques ! Pourquoi la Chine n'en serait-elle pas capable ?
Il faudrait éviter de mettre tous ses œufs dans le même panier et avoir une vision à long terme des effets d'une délocalisation importante de nos capacités de production. En favorisant trop la Chine ou un autre pays, les pays développés rétrograderont.
En tant que puissance nucléaire, économique et démographique, la Chine est bien évidemment une pièce importante et incontournable de l'échiquier mondial. Les Etats-Unis semblent s'en être rendus compte au contraire des Européens. De par ses besoins en terme de matières premières (pétrole, métaux, gaz, etc), la Chine cherche à s'assurer des routes d'approvionnement sûres. Cela explique en partie la présence de plus en plus importante de ce pays en Afrique et et en Asie mais aussi ses tentatives, encore timides, en direction de l'amérique du sud. Le problème se posera également bientôt avec l'Inde et le Brésil.
Cependant, l'économie n'est pas la seule explication de cette "mondialisation de la Chine". Il y aussi des raisons politiques. L'économie chinoise s'est en partie libéralisée mais le système politique n'a pas suivi le même chemin. Ce qui se passe au Tibet mais aussi avec les Ouïgours montre bien que le régime chinois utilise le nationalisme comme un instrument de pouvoir. Il suffit d'entendre et de lire les slogans des manifestants déclarant que le Tibet fait et fera toujours partie de la Chine. Penser que le développement économique va améliorer les choses, c'est faire preuve de beaucoup d'optimisme voire de naïveté. A la différence de l'Union Soviétique, la Chine commence à avoir une puissance économique telle que le pouvoir ne sera sans doute pas immédiatement menacé par son opinion publique puisqu'il pourra satisfaire les besoins basiques de sa population. Ce pays développe et modernise également son armée afin de pouvoir contrer l'influence américaine jusque sur les océans (cf. la construction d'une immense base navale de Sanya à Haïnan 1). Cela doit lui permettre de protéger ses routes commerciales et de faire pression sur ses voisins avec lesquels il y a nombre de contentieux frontaliers agravés par la présence de matières premières et de sources d'énergie (2).
A tout cela, il faut ajouter un aspect culturel : la volonté de la Chine de retrouver son statut de première puissance du monde. Certes, ce n'est pas une particularité chinoise. Les Américains, les Russes et même les Français (sur un plan plus moral) veulent être les phares de l'humanité. Le problème est le contenu idéologique qui soutient une telle volonté. Le système politique chinois étant ce qu'il est, on peut plus que douter de ses bienfaits pour le monde.
Il est donc important de d'entretenir des relations avec la République populaire de Chine mais il faut aussi savoir s'opposer à elle quand cela est nécessaire. On le fait bien avec d'autres grandes puissances comme les Etats-Unis. Ce que messieurs Raffarin et Poncelet ont récemment fait ressemble plus à une pantalonnade qu'à une véritable mission diplomatique. Les pays occidentaux doivent comprendre la spécificité de la Chine et traiter avec elle d'égal à égal sans renoncer à leurs principes. Il en va de même pour nos relations avec la Russie. Le relativisme culturel trop poussé encourage à tout accepter même l'inacceptable. Quant à nos décideurs économiques, ils devraient éviter de ne s'intéresser qu'au court terme.
2) http://www.asahi.com/english/Herald-asahi/TKY200804210074...
10:54 Publié dans Actu internationale | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : france, chine, tibet, politique, economie, international
07 juillet 2007
Quand Georges Frêche, ancien maire de Montpellier et actuel président de la région Languedoc-Roussillon parle d'Israël. Edifiant !
Voilà un discours qui sort de l'ordinaire et qui mélange beaucoup de thèmes : la France de Vichy, les conflits israelo-palestinien, l'Iran...
Ce discours a été fait à l’occasion de la “Journée de Jérusalem”, organisée sous les auspices de la mairie et de l’agglomération de Montpellier dimanche 24 juin au Parc Gramont, à Montpellier.
18:30 Publié dans Actu France | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : France, Frêche, Israël, Sarkozy, Chirac
12 avril 2007
Votons utile, votons Bayrou !
Cela fait des semaines qu'on entend dire ici et là qu'il faut voter utile c'est à dire pour les représentants de l'UMP et du PS. Pour renforcer ce discours, on n'hésite pas à faire peur aux électeurs en leur rappelant le 21 avril 2002 et la place de "finaliste" donnée à J.M. Le Pen. De fait, on entend régulièrement les hiérarques de gauche comme de droite affirmer que leur candidat est celui qui propose un vrai programme de gouvernement et qu'avec le soutien d'un grand parti il sera capable de le mettre en oeuvre. Qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre tout de même !
Intéressons nous d'abord au cas Sarkozy. Ce dernier change régulièrement d'avis. Il ne cherche qu'à plaire autant que possible à l'électorat en faisant des promesses dont on sait bien qu'elles ne pourront pas être tenues. De plus, ses propositions et ses idées varient au gré de son humeur et de la manière dont elles sont comprises par l'opinion. Ainsi, concernant la politique fiscale qu'il souhaite mettre en place, un jour il veut fortement baisser l'impôt de 4 points puis il devient beaucoup plus prudent le lendemain au point de s'en sortir par une pirouette : "Je n'augmenterai pas les impôts, mais au contraire ferai tout pour les baisser." Cela est beaucoup moins clair et ... engageant. Dans ses discours, il nous a rabâché qu'il avait changé au point de citer Léon Blum et Jean Jaurès. Mais comme il a besoin des électeurs du Front National, il a droitisé son discours jusqu'à tenir des propos plus que discutables sur le suicide et la pédophilie.
La manière dont N. Sarkozy fait de la politique ressemble plus à de la technique de markéting. Il faut créer l'événement et occuper le terrain. Et même si le produit est mauvais, l'important est que l'emballage soit attrayant afin d'attirer le plus grand nombre. A-t-il tord de considérer les électeurs comme des consommateurs, j'espère que oui. Mais on ne peut pas nier que cette manière de faire rencontre un certains succès jusqu'à présent.
Passons au cas Royal. Un des points communs avec N. Sarkozy est le manque de cohérence de ses propositions ou plutôt de ses promesses. Je ne reviendrai pas ici sur ce qu'elle a dit en matière de politique étrangère. Je voudrais parler de ce qu'elle a déclarer vouloir faire en priorité si elle était élue. Elle avait d'abord déclaré que la première loi qu'elle ferait voter serait une loi concernant les femmes battues. On lui alors fait remarquer qu'une loi datant de 2004 et renforcée par la suite existait déjà. Après ça, elle a dit que sa première action en tant que présidente concernera le chômage des jeunes avec son idée de « Contrat première chance ». On voit donc qu'elle reprend la même technique marketing que N. Sarkozy en essayant de faire des appels du pied aux « électeurs-clients ».
Elle a aussi montré sa limite à tenir ses engagements. Ainsi avait-elle déclaré faire une campagne électorale d'un nouveau genre en s'abstenant de faire des attaques personnelles contre ses adversaires. Et puis il y a eu cette histoire de l'ISF où elle s'en est prise à plusieurs candidats dont François Bayrou. Enfin, elle n'en finit plus de se livrer à une petite guéguerre de noms d'oiseau avec N. Sarkozy. Et ce n'est pas son capacité à rassembler ne serait-ce que son parti qui renforce sa stature de femme d'état.
Ce qui est le plus édifiant dans tout ça est que ces deux candidats ou leurs sbires osent dire que le projet de François Bayrou est flou. En outre, ils pensent que ce dernier n'aurait aucune chance de mener à bien sa politique s'il était élu car il n'aurait pas de majorité parlementaire. Ils font fi des exemples allemand, italien et même américain qui prouvent qu'un premier ministre ou un président peut gouverner sans son parti majoritaire. De plus, ils oublient qu'eux-mêmes ne sont en rien assurer d'assurés d'avoir une telle majorité à l'Assemblée. Rappelons que nous avons déjà vécu 3 cohabitations en 20 ans ! A cela s'ajoute le fait que d'avoir une majorité à l'Assemblée mais aussi au Sénat n'est en rien un gage d'efficacité si on juge la politique menée par l'UMP.
Alors, électeurs de gauche et de droite, vous pouvez voter pour François Bayrou qui présente un projet cohérent et qui évite les mesquineries politiciennes de ses deux adversaires.
Hervé Tisserand
08:20 Publié dans Actu France | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Bayrou, Royal, Sarkozy, Voter, Présidentielle, France
24 mars 2007
De la France dans le monde ?
Voilà un sujet très peu abordé jusqu'à maintenant. En dehors des candidats vraiment anti-européens (Le Pen, Laguiller et consorts) dont la logique est de ne parler de l'Europe que pour la vilipender, il est regrettable que la place de la France dans l'Europe et, plus largement, dans la communauté internationale ne fasse pas vraiment partie des débats de la campagne. Cela permettrait d'en savoir plus sur ce que la France représente pour chacun des candidats et quel est leur regard sur la situation internationale.
Seul François Bayrou a vraiment exposé sa vision de l'Europe et des relations internationales. Certes, ce serait bien qu'il développe un peu plus son idée mais il a eu le mérite de dire par exemple que les problèmes d'immigration doivent être résolus à l'échelle européenne et que l'Union Européenne a un rôle important à jouer au Proche-Orient et plus largement dans la zone méditerranéenne. Il a également affirmé que toute intervention de la France se fasse dans le cadre de l'ONU et qu'aucune dictature ne peut-être soutenue en raison de nos intérêts nationaux et ce même à court terme. Au niveau de la défense européenne, il propose "la mise en synergie de capacités militaires nationales, à qui on permet de manœuvrer ensemble, d'interagir ensemble, d'échanger des renseignements. Perspective beaucoup plus réaliste et rapide, que celle qui voudrait renoncer au caractère national des armées." (pour en savoir plus, je vous invite à lire son discours du 22 juin 2006 sur la place de la France).
Ce sont là des propositions réalistes et concrètes au contraire de celles du candidat UMP qui veut maintenir le budget de la défense à son niveau actuel tout en développant de nouvelles armes (notamment un système antimissile) et augmenté le budget de la défense à l'échelle européenne ce qui est quelque peu contradictoire. Quant à Ségolène Royal, elle fait aussi preuve d'un manque total de pragmatisme. Ainsi, elle voudrait réformer le FMI et la Banque Mondiale et instaurer une taxe sur les flux financiers. Comment ? Pas de réponse à cette question mais elle semble croire que la France seule pourrait faire ça. A propos de la coopération militaire européenne, la proposition 94 de son pacte affirme vouloir "inscrire notre effort de défense dans une politique européenne de sécurité avec des coopérations en matière de recherche / innovation et d’équipements. L’objectif est à la fois de renforcer notre sécurité et de rationaliser nos dépenses." Du nouveau matériel mais on ne parle pas de personnels pour l'utiliser ! Et Lorsqu'elle a déclaré : "Je n’engagerai pas la construction d’un deuxième porte-avions car je considère que cet équipement doit (…) devenir un chantier européen." Elle pensait au Royaume-Unis dont la politique étrangère est souvent plus proche de celle des Etats-unis que de celle des pays fondateurs de l'Union Européenne ! (cf. 3éme débat télévisé 7 novembre La Chaîne Parlementaire). Et je n'ose même pas demander à madame Royal qui déciderait des missions de ce porte-avion.
Il est quand même inquiétant de voir ces deux candidats à la fonction de président(e) de la République ne pas s'étendre beaucoup sur la place de la France dans le monde et de n'en rester qu'aux généralités (lisez les propositions de Nicolas Sarkozy et de Ségolène Royal sur leurs sites respectifs et vous serez étonnés de leur manque de consistance ). Et lorsqu'ils font quelques propositions, ces dernières manquent totalement de cohérences et ne servent qu'à caresser leur électorat dans le sens du poil !
Les candidats UMP et PS n'ayant guère d'idée en matière de politique étrangère, ils en sont réduits à ne parler que de l'identité nationale pour exprimer ce que représente notre pays mais en la déconnectant du thème de la place de la France dans le monde. Nous avons eu droit à Nicolas Sarkozy souhaitant créer un ministère de l'immigration et de l'identité nationale comme si cela pouvait redonner aux gens une idée de la France. Et maintenant, c'est Ségolène Royal qui fait chanter La Marseillaise lors de son dernier meeting à Marseille jeudi 22 mars pour montrer que les socialistes sont aussi des Français ! Le plus cocasse est que, selon Le Monde, elle a appelé l'auditoire à chanter l'hymne national avec elle ("C'est le chant que je vous propose ici à Marseille de chanter tous ensemble pour ne jamais oublier que le message universel de la France à travers le monde est plus que jamais d'actualité: la liberté, l'égalité, la fraternité") alors qu'elle -même ne l'a pas chanté ! Ainsi le journaliste du Monde, a-t-il remarqué que "Pendant le premier couplet et le refrain, la première femme à avoir une vraie chance d'accéder à l'Elysée est restée au milieu de la scène, immobile derrière son pupitre, sans chanter."
Il est quelque peu pitoyable de voir à quel point et comment les candidats UMP et PS vont à la pêche aux voix. En effet, seul cet l'opportunisme électoral et non des convictions politiques profondes les animent. Tout cela ne montre qu'une conception étroite, passéiste, démagogique et rétrograde des problèmes de la France. C'est comme si la France ainsi que ces deux partis étaient seuls au monde et seuls à pouvoir régler les problèmes, le paradoxe étant qu'ils n'y croient même pas eux-mêmes ! Il n'y a pas de limite à l'absurdité de certains.
Hervé Tisserand.
07:55 Publié dans Actu France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bayrou, Royal, Sarkoz, Realation Internationales, Europe, France
11 mars 2007
François Bayrou monte tandis que Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy ne savent plus quoi inventer !
Dans un sondage Ifop dans le Journal du Dimanche effectué les 8 et 9 mars, François Bayrou se hisse à la hauteur de Ségolène Royal avec 23% des intentions de vote. Certes, Nicolas Sarkozy est toujours en tête avec 28% des intentions de vote mais sa cote stagne voire s'effrite au regard des précédents sondages. Cela semble d'ailleurs profiter un peu à Jean-Marie Le Pen qui progresse un peu. Quant à Ségolène Royal, sa cote s'effrite de sondage en sondage. Les sondages se sont rarement montrés très fiable ces dernières années mais on peut toutefois dire que l'ensemble des sondages montrent la même chose à savoir une vraie montée en puissance de François Bayrou.
Il sera intéressant d'observer l'évolution de la popularité des différents candidats dans les jours qui viennent et notamment suite aux dernières déclarations de Nicolas Sarkozy concernant la création d'un ministère de l'immigration et de l'identité nationale s'il est élu.
Il faut d'ailleurs noter qu'il mélange un peu tout l'ami Nicolas ; un président n'est pas un premier ministre lequel est en charge de la formation d'un gouvernement. Imaginons que Nicolas Sarkozy est élu président mais que les élections législatives donnent une majorité UDF ou socialiste au parlement, il devra alors choisir un premier ministre issu de cette majorité et auquel il ne pourra pas imposer un tel ministère. Cette proposition déjà outrancière en elle-même n'est donc qu'un vrai appel du pied aux électeurs du Front National ! Et comme l'a dit François Bayrou, ce serait bien que Simone Veil nous donne son avis à ce sujet ...
Quant à Ségolène Royal, elle continue à faire des promesses et des propositions vagues selon les personnes qu'elle a en face d'elle. Pour les promesses, ce fut les cas lorsqu'elle a rencontré des Français résidant en Allemagne (voir l'article d'Alexandre pour plus de détails : S.Royal aux Français de l'étranger). Pour les propositions vagues, il faut citer ses propos lors de sa visite du salon de l'agriculture le 10 mars : ainsi, concernant les négociations de l'OMC, elle souhaite "faire en sorte que la France obtienne impérativement de ne plus faire de concessions pour protéger son agriculture". Comment, nul ne le sait. Elle a ensuite ajouté à propos de la réforme de la PAC: "Je sens que les agriculteurs sont inquiets, ils ont peur du changement des règles. C'est dès maintenant que nous devons préparer avec eux cette réforme de la PAC". On a connu plus précis comme commentaire sur un sujet important. Comme à son habitude, elle se contente de phrases creuses et qui n'engage vraiment à rien.
Par contre, quand François Bayrou leur propose de débattre (voir l'article du Figaro à ce sujet), il n'y a pas beaucoup de volontaire. Personne pour relever le gant à ce jour ...
Hervé Tisserand
17:45 Publié dans Actu France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bayrou, sondages, UDF, France, Présidentielle, élection, Politique
09 mars 2007
Faisons face avec François Bayrou !
LEMONDE.FR | 09.03.07
09:40 Publié dans Actu France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bayrou, sondages, UDF, France, Présidentielle, élection, vidéo
07 mars 2007
Tout comme la France, le Japon a du mal à appréhender son histoire
Le 1er mars 2007, Shinzo Abe, premier ministre du Japon, a déclaré que, selon lui, "il n'y a pas de preuves de prostitution forcée" de dizaines de milliers de femmes dans les pays occupés par les troupes japonaises pendant la guerre. Suite à cette déclaration, la Corée du Sud a réagi immédiatement par la voix de son ministre des affaires étrangères, Song Min-soon, qui a notamment déclaré que ce type de propos n'était "pas utiles" et qu'il fallait reconnaître la vérité. Des organisations philippines ont également dénoncé les propos du premier ministre japonais. Une victime de cet "esclavagisme sexuel", Hilaria Bustamante, une Philippine de 81 ans abusée sexuellement pendant un an à l'âge de 16 ans dans une garnison japonaise en 1942. a déclaré : "ce qu'il (Abe) a dit me met en colère. Ils (les dirigeants japonais) pensent que nous sommes juste du papier toilette que l'on peut jeter après utilisation." Suite à ces différentes réactions négatives, Shinzo Abe a chercher à minimiser ses propos en déclarant qu'il s'en tenait toujours à la déclaration de Yohei Kono, porte-parole du gouverment de l'époque, en 1993 qui s'était excusé au nom du Japon pour la prostitution forcée et pour l'implication du gouvernement militaire dans certains cas. Il est à noter que le premier ministre n'a pas repris les mots de cette déclaration mais y a seulement fait référence. Il a également dit qu'il y avait plusieurs définitions du mot "forcé". Depuis la déclaration Kono, Le Japon a mis en place un fond d'indemnisation des victimes de cette prostitution forcée (en 1995) mais ce fond est financé par des dons privés et non par l'Etat. Pour les victimes, cela signifie que le Japon ne reconnaît pas encore vraiment ce crime d'autant plus que la diète japonaise n'a jamais officiellement approuvé cette déclaration. Pourtant, nombre d'historiens ont mis en relief la prostitution forcée et à grande échelle de femmes asiatiques dans les régions occupées par l'armée impériale. Ils estiment qu'environ 200 000 femmes en ont été victimes. Ceci a été corroboré par de nombreux témoignages de victimes, de témoins mais aussi d'anciens soldats japonais (voir cet article du Japan Times pour plus de détails).
Depuis sa nomination au poste de premier ministre, monsieur Abe avait pourtant cherché à resserrer les liens diplomatiques avec les pays voisins et notamment en évitant de provoquer ces derniers par des déclarations ou des actes ambigus à la différence de son prédécesseur, Junichiro Koizumi.
Comment expliquer de telles déclarations ? Il y a plusieurs explications plausibles à celles-ci.
07:25 Publié dans News du Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Japon, Guerre, Shinzo, Abe, histoire, France, mémoire
28 février 2007
France-Japon : Accord de Sécurité Sociale
Entamées en septembre 2002, les négociations avaient abouti à un accord entre les deux pays le 25 février 2005. Mais depuis, le projet de loi était en attente d'arrangements sur les formulaires administratifs (conclu en mars 2005 puis novembre 2006) et d'une modification sur le volet des cotisations des «détachés» adoptée en janvier 2007.
Comme l'a écrit Philippe Douste-Blazy dans son exposé des motifs, cette loi était attendue tant par les ressortissants des deux pays qui souhaitaient voir se renforcer leur couverture sociale que par les entreprises de chaque pays. Pour les pouvoirs publics français, l'intérêt avoué étant d'améliorer « l’attractivité du territoire français aux investissements japonais».
Cet accord (dont vous pouvez en lire l'intégralité sur le site de l'Assemblée Nationale) traite principalement de deux thèmes majeurs : la couverture médicale et l'assurance vieillesse (retraite).
Une grande partie de la loi est relative aux travailleurs salariés détachés par leur employeur dans l’autre Etat : Ceux-ci restent uniquement soumis à la législation de l'Etat d'envoi pour une durée qui ne doit pas excéder cinq ans (article 6, paragraphe 1). Des mesures dérogatives ont été prises néanmoins pour les travailleurs salariés déjà détachés dans un Etat tiers (paragraphe 2) ainsi que pour ceux qui bénéficient de plusieurs détachements successifs (paragraphe 3).
A noter que l'affiliation obligatoire au régime japonais ne s'applique pas au conjoint ou aux enfants de nationalité française du détaché français au Japon.
Le chapitre sur l' assurance vieillesse :
Il était le pplus attendu car porteur d'une véritable avancée dans les droits des assurés sociaux. Il est tout d'abord prévu une levée «des clauses de résidence dans l'Etat débiteur s'agissant de l'obtention ou du versement des pensions, rentes ou versement unique (sauf en cas de résidence dans un Etat tiers).» pour ceux voulant bénéficer des prestations du pays autre.
Mais surtout il y a une «prise en compte des périodes d’assurance accomplies sous la législation d’un Etat pour l'ouverture ou le maintien du droit aux prestations dans l’autre Etat, dans la mesure où ces périodes ne se superposent pas (paragraphe 1). Cette disposition vaut également pour les régimes spéciaux qui entrent dans le champ d'application matériel de l'accord». Autrement dit les cotisations effectuées dans un pays sont prises en compte dans l'autre au moment du calcul du versement de la retraite.
Pour les Français résidant au Japon, cela n'est valable qu'à condition d'être affilié à l'un des deux régimes suivants :
- les régimes de pensions des salariés
- le régime de la Pension nationale
L'accord est alors «applicable aux personnes affiliées aux régimes des pensions des salariés
ouverts sous un seul des régimes de pensions des salariés désigné conformément à la législation japonaise.»
Cela permet aux Français arrivés tardivement au Japon de bénéficier des cotisations effectuées en France. En effet si dans l'hexagone, le calcul des prestations est effectué à partir du troisième mois de cotisation, au Japon il ne se fait qu'après... 25 ans. Cela était donc pénalisant pour tous les Français qui s'installaient au-delà de leur 35 ème année car repoussant leur âge de départ à la retraite. Les points accumulés en France étaient aussi et surtout passés à la trappe.
Enfin, dans le paragraphe 2, il est stipulé que seront prises en compte les périodes d'assurance accomplies et les événements survenus antérieurement à l'entrée en vigueur de l'accord
«2. Les périodes d’assurances accomplies sous la législation de l’un des Etats contractants avant l’entrée en vigueur du présent accord sont prises en compte pour la détermination du droit aux prestations reconnues en vertu de celui-ci. »
La loi affirme ainsi son aspect rétroactif, ce qui permettra aux Français qui ont cotisé en France avant 2007 de « récupérer » leurs points et de les convertir en années de cotisation au Japon le jour où ils voudront faire jouer leur droit à la retraite.
Cette loi est une réelle reconnaissance du rôle et du travail des Français vivant au Japon qui est d'autant plus agréable qu'elle intervient dans une période où ceux qui s'expatrient sont de plus en plus dénigrés dans les débats publics franco-français.
Alexandre Joly.
07:00 Publié dans Actu France, Vie Pratique au Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sécurité sociale, Japon, Accord, France
20 février 2007
Bayrou vainqueur au second tour
Les sondages ne seront jamais les élections, et les intentions de vote du mois de février ne sont pas les actions de vote du mois d'avril. Mais comment ne pas se réjouir devant les résultats du dernier sondage IFOP pour Fiducial et LCI qui donnent F. Bayrou victorieux au second tour quelque soit son adversaire ?
Dans le cas d'un duel Bayrou / Royal, il remporterait 54 % des voix.
Si le second tour est Bayrou / Sarkozy, il gagnerait aussi avec 52 % des voix.
Les Français auraient-ils ainsi pris conscience de l'incohérence et du manque de sérieux des deux principaux protagonistes que les médias leur servent depuis presqu'un an ? Nos concitoyens commenceraient-ils à saisir que seul le rassemblement de toutes les compétences permettra de sortir la France de la crise sociale, économique et morale dans laquelle elle est plongée ?
La tendance est réelle. F. Bayrou gagne en crédibilité quand ses deux autres concurrents en perdent en accumulant les promesses fallacieuses et démagogiques. Mais surtout son message semble de plus en plus être compris puisque selon ce sondage 83% des Français seraient « favorables à un gouvernement d'union nationale ».
Ceci dit, comme le rappelle Le Monde dans son édition du 19 février, avant le second tour il y en a un premier, et celui-ci reste encore éliminatoire pour F. Bayrou. Même si les chiffres ne cessent de monter, son score (16 %) reste encore loin derrière ceux de S. Royal (25,5 %) ou de N. Sarkozy (32 %).
Paradoxe qui doit amener les partisans de F. Bayrou à se mobiliser et à faire comprendre aux indécis que le vote utile au premier tour, c'est le vote Bayrou.
05:20 Publié dans Actu France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bayrou, sondages, UDF, France, Présidentielle, élection








