01 avril 2008

Mensonge, mépris et autocratie

Ce mardi 12 mars va se jouer à l'Assemblée Nationale une pièce tragi-comique comme seule la cinquième République peut en scénariser : François Fillon, chef du gouvernement, viendra exposer aux parlementaires les modalités de l'envoi de nouvelles troupes françaises en Afghanistan.
La guerre en Afghanistan posant le contexte tragique, la lecture du premier ministre celle du comique.

« Qu'y a-t-il donc de si hilarant à ce qu'un dirigeant s'adresse aux représentants du peuple ? » me demanderez-vous ? Rien à priori, si ce n'est dans ce cas un magnifique triple effet comique de situation. Autrement dit une forme d'humour basée sur les paradoxes, décalages, volontaires ou non, entre la situation présentée et celle que l'on était logiquement en droit d'attendre.

Tout d'abord le lieu : l'Assemblée Nationale est le lieu où se réunissent les députés pour débattre et voter des lois. C'est sa raison d'être dans une démocratie. Or ici, nul débat et surtout nul vote n'est proposé en fin de séance sur ce qui pourtant ressemble fort à une décision politique majeure. Les députés vont se retrouver dans la posture de simples auditeurs et spectateurs d'un fait princier, d'une décision de gouvernance qui leur aura complètement échappée. Ce n'est pas la première fois dans la cinquième République, certes, c'est même constitutionnel, mais le fait est que la France est la seule « démocratie » où le Parlement n'a pas son mot à dire sur une guerre que mène le pays.
Comme l'a dit H. Emmanuelli lors de questions au gouvernement ce 26 mars : « La France est la seule démocratie occidentale où une guerre peut perdurer sans que le Parlement ne l'autorise  ou ne soit informer».

Il y a 2 000 ans, sous le Principat d'Auguste, qui n'était pourtant pas un modèle démocratique, le Sénat romain votait et entérinait encore les déclarations de guerre décidées par ce dernier. En France, en 2008, ce n'est même plus le cas.

Deuxième point comique : l'acteur principal. Mais qui est-ce, Nicolas Sarkozy ou François Fillon ? On sait que cette décision politique est une volonté présidentielle, un geste qui se veut fort pour marquer la détermination de Nicolas Sarkozy à rapprocher la France de l'OTAN et des Etats-Unis. Mais qui défend ce choix ? Le premier ministre. Situation surprenante et burlesque d'un Prince incapable de faire un plaidoyer de sa politique et qui envoie en représentation son premier ministre, lui même simple exécutant. Certes, dans les institutions le Président de la République n'a pas le droit de se présenter devant le Parlement (situation qu'avait promis de modifier Nicolas Sarkozy lors de sa campagne électorale, cette autre grand spectacle comique, et dont on attend la réforme) mais quel affront et mépris portés à la face des représentants du peuple que de les obliger à suivre la lecture par celui qui n'en est pas l'instigateur d'une décision à laquelle ils ne participeront pas !

Enfin le fond : l'envoi de troupes supplémentaires sur un théâtre de guerre. Combien de scènes de cinéma, de théâtre sont basées sur l'opposition entre le propos et l'action ? Entre ce qu'un personnage dit, promet de faire ou avoir fait et ce qu'il fait ou a réellement fait ? En un mot sur le mensonge ? Autant qu'il existe de films et de pièces comiques. Alors pourquoi ne pas rire aussi de cette déclaration de Nicolas Sarkozy durant la campagne électorale de 2007 qui prend toute sa saveur aujourd'hui ?
Dans une interview sur France 2, face à Arlette Chabot qui le questionnait sur le premier retrait des troupes spéciales opéré alors par Jacques Chirac il expliqua : « c'est une politique que je poursuivrai » la justifiant parce que « la présence des troupes françaises à cet endroit du monde ne me semble pas décisive ». Promesse de retrait mais décision d'envoyer de troupes. C'était la boutade finale. Eclats de rire. Rideau !

La Cinquième République a toujours porté en elle les risques d'une dérive autocratique. Le mensonge comme le mépris à l'encontre du peuple et de ses représentants ne sont que les conséquences naturelles et humaines de cette dérive. Et la parodie de démocratie qui va se jouer à l'Assemblée Nationale cette après-midi n'en est qu'une énième illustration. Malheureusement nous ne sommes pas dans un film et des soldats, des civils paieront de leur vie cette décision prise sans l'accord des citoyens de ce pays. 
Il est tant que les Français prennent conscience que leur rejet progressif de la politique vient de la structure même d' institutions qui ne favorisent pas l'émergence d'une gouvernance respectueuse, morale, démocratique et où les mots justice, égalité et liberté auraient le même sens que celui qu'ils entendent.

Alexandre Joly.

Extrait de l'interview : http://www.dailymotion.com/video/x4u47q_nicolas-sarkozy-e...

 

21 mars 2008

Affaire du SMS : un bien malheureux épilogue

           On savait depuis bien longtemps Nicolas Sarkozy maître dans l’art du contre-pied. Le point final surprise (mais le sera-ce vraiment ?) annoncé par Carla Bruni-Sarkozy dans une tribune au journal Le Monde, de l’affaire de l’article du SMS en est la dernière illustration.

            Rappel des faits : le 06 février 2008, dans un article publié par Le Nouvel Obs.com, intitulé « L’obsession de Cécilia », le journaliste Airy Routier prétendait que le président avait envoyé, une semaine avant son mariage avec Carla Bruni, un SMS à son ex-épouse, Cécilia, dans lequel il aurait écrit ces mots : « Si tu reviens, j’annule tout ! ».

            Le 07 février, une plainte était alors déposée au Parquet de Paris contre Le Nouvel Obs.com, par Maître Thierry Herzog, l’avocat de Nicolas Sarkozy, pour faux, usage de faux et recel. De tels délits étant punissable de 45 000 euros d’amende et 3 ans d’emprisonnement. Le chef de l’état démentaient donc l’existence de ce SMS par la voie judiciaire. S’en suivit une polémique entre proches de Nicolas Sarkozy, comme Rama Yade, pourtant Secrétaire d’état aux droits de l’homme, traitant de « charognards » ceux qui voulaient « la peau de Nicolas Sarkozy » et ceux, défenseurs des droits des journalistes qui voyaient dans ce geste une volonté présidentielle de faire pression sur  les médias.

            L’enquête était donc toujours en cours pour déterminer les faits, lorsque dans son édition du 19 mars, Le Monde publiait la tribune de Madame Bruni-Sarkozy intitulée « Halte à la calomnie ! » dans laquelle elle annonçait que Nicolas Sarkozy retirait sa plainte contre  le journal, et l’accompagnait d’une leçon de moral aux journalistes. Fin de la plainte, fin de l’enquête, fin de la polémique.

            « Beaucoup de bruits pour rien » aurait écrit Shakespeare, « le résumé d’un an de gouvernance » écrirait l’analyste politique. «Sur»-réaction, contradictions, intimidation, rétractation, telles sont les attitudes adoptées par la présidence dans cette affaire sommes toutes mineure, comme malheureusement dans d’autres plus graves, et qui démontrent une fébrilité certaine quant à l’exercice du pouvoir.

            Sur le fond de l’affaire, que les choses soient claires on se fiche éperdument de savoir si Nicolas Sarkozy a relancé Cécilia une semaine avant son mariage avec Carla. La vie à l’Elyséee n’a pas à devenir un sitcom qui concurrencerait « Desperate Housewives », et Cécilia n’a pas pour vocation à être une nouvelle Teri Hatcher. A ce titre, le fond de l’article de nous intéresse pas. Et la réaction de Nicolas Sarkozy à celui-ci semblait d’autant plus disproportionné.

            Alors, la fin des poursuites pour apaiser les esprits ? Pas si simple. Dans son article la femme du président laisse sous-entendre un geste de magnificence de la part de son mari faisant suite à une lettre d’excuse du journaliste. Hauteur d’âme présidentielle retrouvée dans un entre deux tours d’élections municipales défavorables diront les sceptiques.

             Mais quid alors de la réaction première du président ? Réaction qui suscita une réelle interrogation et le fond de la polémique tant elle fût surprenante et disproportionnée. En attaquant très fort le journal, Nicolas Sarkozy a voulu faire éclater devant les tribunaux la vérité, ou plutôt le mensonge, de l’article. Faisant passer le message suivant : au-delà de son cas personnel, les journalistes sont tenus de dire la vérité rien que la vérité, et doivent pouvoir le prouver. La liberté d’expression et le secret des sources contre la vie privée et l’honneur d’un homme : éternel débat de nos démocraties.

             Débat qui avait été mis en sourdine, du moins le pensait-on, en ce qui concernait les présidents de la république. Personnage illustre, au-dessus du peuple, dans la cinquième république, la vie privée de celui-ci n’était pas thème à articles et surtout le président, bénéficiant de l’immunité judiciaire, s’abstenait d’utiliser la justice pour régler des litiges personnels contre de simples justiciables au risque sinon de mettre en évidence cette suprême et injuste inégalité devant la loi.

            Mais ce n’est que la coutume, et Nicolas Sarkozy n’en a cure. Le droit lui accorde la possibilité d’attaquer, il la saisit. En portant plainte au Pénal, il oblige le journaliste à divulguer ses sources rentrant alors en complète contradiction, une fois n’est pas coutume, avec ces propres propos tenus lors de ses vœux  à la presse le 08 janvier 2008 : « Un journaliste digne de ce nom ne donne pas ses sources. » . Répondant à une question de la présidente de l’Association de la presse présidentielle, il acquiesçait à l’idée de « prendre une décision forte pour le respect de la protection des sources, l’un des piliers de la liberté de la presse ». On voit quelle décision ! Agissant donc à l’encontre de ce qu’il reconnaissait lui-même comme des principes élémentaires et fondamentaux de la liberté d’expression, pilier de la démocratie.

            Dans cette optique, la véracité de l’existence ou non du  SMS prend alors toute son ampleur. Le président souhaite-t-il sanctionner un organe de presse pour avoir délibérément menti et l’avoir calomnié dans le cas où le SMS n’existerait pas ? Ou sommes-nous en présence, dans l’hypothèse où le SMS est réel, d’un abus de pouvoir caractérisé et d’une atteinte délibérée au droit à l’information ?

             Réponse cruciale. Car dans le premier cas, le journal devra être condamné pour les délits reprochés. Dans le second, ce sera au président de rendre des comptes.

             Mais voilà, cette réponse nous ne l’aurons pas. La justice n’aura pas à trancher, car le président plaignant a, une fois de plus, changé d’avis en retirant sa plainte. Volte-face malheureuse qui laisse les citoyens sans réponse, et d’autant plus dubitatifs que les arguments avancés pour justifier ce retrait (une lettre d’excuse d’ Aury Routier, que Madame Bruni-Sarkozy, dit avoir reçu, sous-entendant un aveu de culpabilité du journaliste) sont peu explicites voir incompréhensibles : le journaliste continuant  même à affirmer que son article repose sur des faits avérés, maintenant l'existence du SMS. Et aux Français de continuer à se demander s’ils ont été les témoins d’une tentative de calomnie, ou d’un abus de pouvoir caractérisé.

Alexandre Joly.

11 décembre 2007

Affaires étrangères... aux promesses

Rarement visite officielle d'un chef d'état étranger n'a suscité autant de polémiques que celle que va faire en France le Guide de la Jamahariya libyenne, le Colonel Khadafi durant ces 6 prochains jours. Politiques, humanitaires et intellectuels s'opposent tant sur les motivations et conséquences de la venue du Guide en raison de son passé que sur le degré diplomatique qui lui est conféré.

La problématique libyenne a été bien posée par Claude Guéant, Secrétaire général de l'Elysée au JT de France 2 du 10 décembre : « Que devons-nous faire à l'égart de pays qui se sont mal comportés ? Est-ce que nous devons les laisser s'enfoncer (...) ou est-ce que nous devons les aider à se soustraire à ses activités que nous condamnons ?». Question kafkaïenne dont la réponse ne peut être donnée qu'après une analyse au cas par cas de l'évolution des dits pays. Alors quelles raisons valables Nicolas Sarkozy a-t-il pu trouvé à la Libye pour en faire un pays sur la voie de la rédemption ?

Ces raisons ont été bien résumées par Pierre Lellouch, spécialiste de politique étrangère à l'UMP en 3 points. Elles sont tout à fait valables car marquées du sens de la responsabilité, de la raison et du réalisme. : “Un, le pays a arrété son programme nucléaire militaire. Deux, il coopère complétement avec les services occidentaux sur la lutte contre le terrorisme. Trois, il s'ouvre au développement international. ».

Quant au contentieux sanglant entre les deux pays, Guillaume Denoix de Saint-Marc (Président du Collectif des familles des victimes du DC 10 d'UTA) a estimé qu'il fallait le dépasser car “c'est important si on ne veut pas que la Libye soit tentée de retourner vers ses vieux démons. »

Si le deuxième point peut prêter à contestation ce n'est pas tant à cause du point de vue du dirigeant libyen sur le terrorisme qu'il qualifiait dimanche d' « arme des faibles », que sur celui des responsables occidentaux qui manipulent le terme en dépit du bon sens (mais cela est l'objet d'un autre débat ). On pourrait aussi rajouter un quatrième point : la Libye est un client potentiel et fortuné pour l'industrie Française. Et aussi un cinquième plus personnel pour Nicolas Sarkozy, le Colonel est un des rares dirigeants à tendre une oreille attentive au projet d'Union Méditerranéenne du Président.

Donc, s'il est effectivement bienvenue de marquer symboliquement le retour de la Libye à des relations pacifiées avec le reste du monde par l'accueil de son chef d'état, la manière quant à elle peut susciter des reserves. Pas seulement à cause de la date choisie, comme l'a dit Rama Yade au journal Le Parisien, « parce qu'elle coïncide avec la Journée mondiale des droits de l'homme. Le choix de cette date est un symbole fort, je dirais même scandaleusement fort. » Mais parce qu'il existe en matière de protocole diplomatique des nuances qui servent à distinguer un pays sur le retour de ceux qui sont nos alliés et amis.

Et c'est bien cette absence de nuance, marque de fabrique de Nicolas Sarkozy, qui pose problème. Car si le Président est comme il l'a déclaré publiquement à Bruxelles ce week-end « heureux de recevoir » le colonel Kadhafi, on n'ose imaginer dans quel état d'excitation il doit se trouver au moment de rencontrer nos plus proches partenaires et ses homologues que sont Romano Prodi, Angela Merkel ou encore Jose Luis Zapatero... Pour reprendre l'expression de Jamel Debouz lors de la réception de son César en 2006, cela doit être « le 14 juillet dans son slip ».

Ce manque de retenu a été très bien résumé par Arnaud Montebourg ce lundi lorqu'il a dit : « Que des relations se rétablissent avec la Libye, oui. De là, à lui offrir les Champs Elysées et une centrale nucléaire et des armes de très hautes capacités... » il y a des étapes qui sont franchies beaucoup trop attivement.

Mais le cas libyen s'inscrit aussi et surtout dans une diplomatie sarkozyenne qui est aux antipodes des déclarations faites durant la campagne présidentielle. Déclarations que nous avons ici même réguliérement dénoncées tant elles étaient teintées d'  « irrealpolitik » pour reprendre le concept d'Hubert Védrine. Elles nous apparaissaient alors comme la preuve flagrante d'un manque de compétence, de vision et de lucidité en matière de politique étrangère du candidat-président.

Ce grand écart, nombreux sont ceux comme Bernard Henri-Lévy à le dénoncer : « Voilà un président qui s'applique avec beaucoup d'honêteté à nous dire que sur tous les terrains ce qu'il a promis il le fera... il y a un domaine où il ne tient pas parole c'est sur ces affaires des droits de l'Homme et ces affaires étrangères. » ( JT de France 2 du 08 décembre). Et de rappeler que Nicolas Sarkozy « a quand même été le seul avec le président Ahmadinejad à téléphoner à Vladimir Poutine pour le féliciter du résultat des élections. » Elections rappelons-le des plus truquées, et précédées d'une campagne électorale qui s'est résumée pour l'opposition privée d'expression à une série d'arrestations et de bastonnades policières...

On est donc loin, très loin, du discours du 28 février 2007 sur la politique étrangère du candidat Sarkozy qui voulait « une approche plus doctrinale des affaires internationales ». Cette approche avait notament pour socle son « deuxième grand objectif : promouvoir les libertés et les droits de l'homme sur la scène internationale ». Il dénonçait « les adeptes de la realpolitik (qui) ne sont pas si réalistes que cela » et ceux qui font « le sacrifice des valeurs au nom d'intérêts à court terme ».

Mais n'est-ce pas exactement ce qu'il fait aujourd'hui avec la Libye, la Russie mais surtout la Chine avec lesquelles il favorise l'intérêt commercial à court terme au détriment des enjeux démocratiques et stratégiques ? Les images navrantes lors du dernier sommet du G8 où Nicoals Sarkozy tendait son téléphone portable à Vladimir Poutine et le prenait à part pour « copiner » étaient à milles lieux de ses déclarations de février 2007 dans lesquelles il dénonçait « notre silence face aux 200 000 morts et 400 000 réfugiés des guerres de Tchétchénie » et trouvait « préoccupante » « l'évolution de la Russie ces derniers temps ». Mais à priori pas suffisament préoccupante pour s'aligner sur la politique plus réaliste et surtout plus critique d'Angela Merkel vis à vis de la Russie.

Parce qu'avec les relations internationales il oeuvre dans un domaine qu'il ne maîtrise pas et qu'il ne connaît pas contrairement à la chancelière allemande, un domaine où le plus patient et le plus fin est celui qui remporte la mise, un domaine dont la gestion du temps et de l'espace sont à l'inverse de son univers médiatico-politique, Nicolas Sarkozy passe d'un extrême à l'autre, de l'  « irrealpolitik » au cynisme kissingerien, sans politique claire et définie, sans stratégie pour l'avenir, et cela au détriment des intétêts à long terme de la France. Et avec des risques évidents pour l'avenir sachant qu'il n'a par la constitution, en matière de politique étrangère de comptes à rendre à personne. Omettant là aussi, sa promesse électorale de faire de la de politique étrangère de la France, « le résultat d'un débat démocratique » et de la sortir du «seul secret des chancelleries et des cabinets. »  

Alexandre Joly.

21 octobre 2007

François Bayrou chez J.M. Apathie (RTL)

 
A noter : ce qu'il dit des tests ADN.
 
Hervé Tisserand 

03 septembre 2007

La rentrée littéraire concerne aussi François Bayrou

Le 31 juillet 2007, l'émisson de la chaîne parlementaire (LCP), Ecrire la politique, a invité trois auteurs ayant écrit des livres sur François Bayrou et le centre.

 
 

 
Si vous souhaitez obtenir les références concernant les livres dont il est question dans cette émission, rendez vous sur le site de LCP ; une page leur est consacrée. 
 
Hervé Tisserand 

25 juillet 2007

Ce que François Bayrou pense du comité de réforme de Nicolas Sarkozy

 
Hervé Tisserand 

07 juillet 2007

Quand Georges Frêche, ancien maire de Montpellier et actuel président de la région Languedoc-Roussillon parle d'Israël. Edifiant !

Voilà un discours qui sort de l'ordinaire et qui mélange beaucoup de thèmes : la France de Vichy, les conflits israelo-palestinien, l'Iran...

A chacun de se faire une idée sur ce discours ... Pour ma part, je pense que ce discours illustre bien comment les notables politiques cherchent à séduire certaines parties de leur électorat en usant de la démagogie et du populisme. Mais le plus inquiétant est qu'un élu issu d'un parti républicain (même s'il a été exclu du PS en janvier 2007) puisse tenir de tels propos. S'il n'y avait que cet individu pour tenir de genre de discours, ce ne serait pas trop grave mais quand on sait que nombres de personnalités politiques et même notre président font du communautarisme une nouvelle ligne directrice de la politique, il y a de quoi s'inquiéter. Si on relit certaines déclarations de ce monsieur, on peut se rendre compte que ses convictions sont très changeantes ; un jour, il va se montrer très sensible au sort des Harkis et un autre jour, il va les insulter ! Son discours n'a rien à voir avec Israël, la Palestine ou l'Iran, il s'agit surtout de conserver son cheptel d'électeurs à tous prix.
 
Ce discours a été fait à l’occasion de la “Journée de Jérusalem”, organisée sous les auspices de la mairie et de l’agglomération de Montpellier dimanche 24 juin au Parc Gramont, à Montpellier. 
 
 
Hervé Tisserand 
 
Pour en savoir plus sur le personnage, sa bio sur Wikipedia.

13 juin 2007

Qu'est-il donc arrivé à Sarkozy lors du G8 ?

On peut se en effet se poser des questions à la vue de ces images de la RTBF belge. Quelle que soit la raison de cette "défaillance", on peut dire que cela ne donne pas une bonne image du chef de l'état français. Et il est quand même stupéfiant de voir que les médias français n'ont pratiquement pas fait mention de cette étrange attitude de Nicolas Sarkozy.
 

 
Hervé Tisserand 

14 mai 2007

Gros mensonges entre amis

Mardi, alors qu'il venait de finir son jogging quotidien sur une île maltaise, N. Sarkozy a tenu à s'expliquer sur les réactions qu'a suscité son séjour sur un yacht de V. Bolloré. Affirmant qu'il « ne voyait pas de polémique », il a ajouté que l'entrepreneur français lui lançait des invitations depuis plus de 20 ans et qu'il les avait toujours repoussées.

Anticipant les questions sur la pertinence d'une relation si poussée entre le monde politique et le monde des affaires, il a affirmé que V. Bolloré n'avait « jamais travaillé avec l'Etat ». Le groupe Bolloré confirma ces dires dans un communiqué de presse le mercredi 09 mai indiquant qu'il n'avait « jamais eu aucune relation commerciale avec l'Etat français. »

Mensonges assez hallucinants pour qui se prend la peine de faire un tour sur le site du groupe  http://www.bollore.com

On peut ainsi y lire que le groupe se targue dans sa rubrique Activités-Terminaux et Systèmes spécialisés de fournir via son entreprise IER et sa filiale Automatic Systems « une gamme complète d'équipement d'accès sécurisé des piétons et des véhicules (contrôle d'immigration, contrôle d'embarquement...) et de protection des sites sensibles. ». De même le groupe Bolloré est fier d'annoncer que « IER développe des bornes pour les administrations, les collectivités locales... ». Donc contrairement à ce qu'affirment de concert N. Sarkozy et le groupe Bolloré, ce dernier a bien été et continue à être un client de l'Etat.

Que le groupe Bolloré émette des communiqués de presse mensonger, cela ne pose pas de problèmes démocratiques. Que le futur président le fasse, cela est plus problématique. Surtout qu'il ne peut plaider l'ignorance puisqu'à travers la sécurité c'est le ministère de l'Intérieur qu'il a dirigé qui a été client du groupe Bolloré.

Preuve en est facile à trouver dans le Journal Officiel. Ainsi l'annonce 357 du 15 janvier 2007 dans le BOAMP 003C nous apprend que le ministère de l'intérieur et de l'aménagement a passé une commande de 342 329,00 EUR (H.T) pour la «  mise en place de locaux de sûreté modulaires à l'hôtel de police de Grenoble (38). ». Appel d'offre ouvert le 22 février 2006 et attribué le 11 décembre 2006. Donc le ministère que N. Sarkozy a dirigé, a lui même était un client du groupe Bolloré mais celui-ci prétend le contraire. Voilà qui est plutôt déconcertant.

D'autres contrats ont été signés entre l'Etat et le groupe Bolloré. Un très bon article du monde les a recensé, et je le retranscris plus après.

N. Sarkozy affirmait durant sa campagne qu'il modifierait sa façon de faire la politique s'il était élu. Effectivement, les mensonges sont plus gros que jamais, la collusion entre le pouvoir politique et le monde de l'argent et des médias à son paroxysme (aucun JT n'a contredit N. Sarkozy et même cherché à savoir si ce qu'il disait était vrai !). Et aux yeux de tous.


Alexandre Joly.


* * *


Le groupe de Vincent Bolloré a bien obtenu des marchés publics

LEMONDE.FR | 10.05.07 | 20h52 


ontrairement à ce qu'avaient affirmé Vincent Bolloré et Nicolas Sarkozy, mercredi 9 mai, le groupe de l'homme d'affaires s'est bien vu attribuer ces dernières années des marchés publics. Sur le site Internet des Journaux officiels de la République française, on retrouve ainsi la trace de plusieurs attributions de marchés publics.

SDV
, la filiale logistique du groupe Bolloré, a obtenu le 10 août 2006 l'attribution du marché du "traitement de la valise diplomatique fret" par le ministère des affaires étrangères, selon l'annonce numéro 368 publiée le 6 novembre 2006 dans le Bulletin officiel des annonces de marchés publics (BOAMP). "Ce marché est un 'contrat sensible' au sens de l'arrêté du 18 avril 2005 (...) relatif aux conditions de protection du secret et des informations concernant la défense nationale et la sûreté de l'Etat dans les contrats", précise l'annonce. La valeur totale estimée de ce marché est comprise entre 1,4 million et 5,6 millions d'euros, hors taxes, pour "une durée de 48 mois à compter de la notification du marché".

SDV s'est également vu attribuer le 17 juin 2005 un marché de "transport de fret par voie aérienne commerciale à la demande et pour le compte du ministère de la défense", d'une valeur estimée à 36 millions d'euros, hors taxes, peut-on lire dans l'annonce numéro 907 publiée le 26 septembre 2005. Le contrat est lui aussi d'une durée de 48 mois. On retrouve également SDV logistique internationale dans l'annonce numéro 329 publiée le 13 mars 2006. Cette fois, l'attribution du marché, le 5 janvier 2006, concerne des "prestations de transport aérien et d'opérations ponctuelles de dédouanement de diverses marchandises pour la direction des monnaies et médailles". Le montant est "indéfini". L'annonce 839, publiée le 15 janvier 2007 dans le BOAMP 003 C, fait également mention de SDV TTA, parmi d'autres entreprises, dans l'attribution d'un marché, le 16 novembre 2006, concernant un "accord carde acheminements" par l'économat des armées.

"VINCENT BOLLORÉ N'A JAMAIS TRAVAILLÉ AVEC L'ÉTAT"

Par ailleurs, selon l'annonce numéro 474 publiée le 16 mars 2007 dans le BOAMP 017C, le groupe Bolloré Energie a obtenu l'attribution du marché, le 6 janvier 2007, "de fourniture de fioul domestique" par le centre hospitalier de Laval. Le montant du marché est de 130 152,36 euros, hors taxes. Bolloré Energie apparaît également dans l'attribution, le 21 décembre 2006, du marché de "fourniture de fioul domestique" par la ville de Colmar dans l'annonce 602 publiée le 23 mars 2007 dans le BOAMP 018C. Le montant du marché, qui est reconductible annuellement pour 2008, 2009 et 2010, est de 153 390 euros hors taxe.

Enfin, l'annonce numéro 357 publiée le 15 janvier 2007 dans le BOAMP 003C, le groupe Bolloré a obtenu le 11 décembre 2006 du ministère de l'intérieur un marché de "mise en place de locaux de sûreté modulaires à l'hôtel de police de Grenoble", d'un montant hors taxe de 342 329 euros.

Dans le cadre de la polémique suscitée par le séjour de Nicolas. Sarkozy sur le yacht de Vincent Bolloré au large de Malte, le groupe de l'homme d'affaires avait affirmé mercredi qu'il n'avait "jamais eu aucune relation commerciale avec l'Etat français". Nicolas Sarkozy avait indiqué de son côté que "Vincent Bolloré est un des grands industriels français. Il n'a jamais travaillé avec l'Etat. Il fait honneur à l'économie française".


Le Monde.fr

12 mai 2007

De la versatilité de certains élus UDF

Depuis l'entre deux tours de l'élection présidentielle, on a vu plusieurs députés UDF rejoindre ou soutenir Nicolas Sarkozy. Ceux qui ont choisi de le soutenir ponctuellement afin de faire campagne contre Ségolène Royal avaient sans doute des raisons compréhensibles dans le contexte électoral. Parmi ces élus UDF, certains avaient opté pour le candidat UMP dès avant le premier tour. Ce fut notamment le cas de Gille de Robien et d'André Santini. Ceux-la ont clairement trahi leur parti et feraient mieux d'adhérer à l'UMP afin que les choses soient plus claires et cela rendrait leur action cohérente jusqu'au bout ... Mais sont-ils capables d'être cohérents ?

Le plus choquant dans tout ça est l'attitude des élus qui ont choisi de voter Nicolas Sarkozy au second tour et qui persistent maintenant dans ce soutien qui n'a plus rien de ponctuel. Des gens comme Hervé Morin, Maurice Leroy ou encore Pierre Albertini qui étaient des proches de François Bayrou ont même signé un texte intitulé "Pour un centre libre dans la majorité présidentielle" dans le Figaro du 8 mai 2007. Dans ce texte, ils voudraient que la mouvance centriste s'intègre à la majorité présidentielle c'est-à-dire à l'UMP. Ils s'appuient pour sur 3 arguments pour justifier leur prise de position :

  • L'incompatibilité du programme économique de Ségolène Royal : "économie, retraites, 35 heures, interventionnisme public débridé."

  • l'accord de principe de Nicolas Sarkozy à une dose de proportionnelle et la ratification des nominations aux grands emplois par les commissions parlementaires compétentes décidant à la majorité qualifiée,

  • Les propositions institutionnelles de Nicolas Sarkozy concernant l'Europe et sa position concernant la Turquie.

Cette prise de position de divers élus UDF ou apparentés est une véritable injure à l'intelligence, à la morale et aux électeurs de François Bayrou. Sur le plan économique, les programme de S. Royal et de N. Sarkozy bien que relativement différents nécessitaient à peu près le même montant de dépenses publiques et allaient donc contre toute logique de réduction du déficit public. La dose de proportionnelle envisagée par N. Sarkozy ne sert qu'à fourvoyer et à manipuler les élus de "petits partis" afin qu'ils deviennent des valets de l'UMP. Cela n'a rien à voir avec la refonte du système électoral voulue par l'UDF et par François Bayrou. En outre, N. Sarkozy semble plutôt vouloir un peu de proportionnelle pour les élections sénatoriales et non législatives...

Ce qui est surtout dommageable, c'est que la majorité de ce groupe de parlementaires se ment à elle-même et donc aux électeurs. Maurice Leroy, député du Loir-Et-Cher, déclarait le mars 2007 (source: site de l'UDF) : "Si on était dans le schéma Ségolène Royal-Nicolas Sarkozy, c'est . C'est le choix du vieux système. Moi je n'appelle à voter ni pour l'un ni pour l'autre". Il ne lui aura fallu que quelques semaines pour retourner sa veste. Quant à Hervé Morin, il s'en était souvent pris à Nicolas Sarkozy et également à ceux qui l'avait rallié depuis longtemps comme Gilles de Robien. Lors d'une interview accordée au journal 20 Minutes en août 2006, on lui avait demandé : "le divorce avec Gilles de Robien est-il consommé ?"  et il avait répondu : "Je n'ai pas vocation à être un coupeur de têtes. Mais à un moment, il faudra qu'il nous indique s'il soutient François Bayrou ou s'il veut faire le jeu de l'UMP. On ne peut pas être constamment le cul entre deux chaises." (source : 20 Minutes, éditions du 08/06/2006). Cela vaut également pour lui.

Ce ne sont que quelques exemples de ce gigantesque retournement de veste effectué conjointement par ces "élus du peuple". Ils n'hésitent pas à se trahir et nous avec au nom de petites tractations politiques. J'espère que leurs électeurs sauront leur faire regretter ces trahisons lors des prochaines élections. Touts ça semble donner raison au vieil adage : "qui se ressemble s'assemble". Et en matière de trahison politique, Nicolas Sarkozy n'est pas le premier venu. Le Mouvement Démocrate peut donc se passer de ces personnes, d'autres sont prêtes à les remplacer et à oeuvrer à un vrai parti centriste indépendant et ouvert.

Hervé Tisserand